L'ACCES A L'EAU

80% du territoire du Niger est occupé par le désert du Sahara, le Ténéré… Même dans les 20% restants de brousse, l’eau n’est pas accessible à tout le monde. Ne parlons pas des Peuls, ces peuples nomades pour lesquels la seule solution serait de forer des puits pastoraux à une journée de marche l’un de l’autre.
Lorsqu’ils sont en déplacement, à la saison «des pluies», il n’est pas rare que les femmes doivent marcher pendant deux heures pour arriver à un puits et ensuite revenir avec 20 litres sur la tête ou sur les épaules.

Dans les régions dites humides, des villages entiers peuvent souffrir du manque d’eau, surtout pour leurs cultures. En août 2002, alors que la saison des pluies était presque terminée, le mil était près à être récolté à certains endroits alors qu’à une poignée de kilomètres, il ne dépassait pas 30 centimètres de haut.
Dans ce cas, la seule solution pour se nourrir est d’acheter des sacs de mil sur le marché. En période d’abondance, le sac vaut 6500 francs CFA (10 euros). En période de sécheresse, comme c’était le cas, le prix grimpait à 22500 francs CFA (plus de 30 euros).
Au Niger, l’équivalent du SMIC est de l’ordre de 45000 F CFA, un peu plus de 65 euros. Et il faut un sac par semaine à toute une famille pour survivre. Faites les comptes.

Même dans la capitale Niamey, des centaines de milliers de personnes n’ont pas accès à l’eau sauf au fleuve Niger. Dedans, les habitants font leur lessive, se lavent, se baignent, pêchent alors que les tanneurs y rincent les peaux…
L’eau du robinet existe principalement à Niamey et à Agadez, pour les européens et les africains ayant une bonne situation. Ailleurs, c’est le puits lorsqu’il y en a un.
En revenant d’une visite, au bord de la route, nous avons aperçu une centaine de femmes dans un village qui chantaient et dansaient en tapant dans leurs mains et en levant les bras. Dans le village suivant, même chose. Cette fois, nous nous sommes arrêtés pour discuter avec elles.
Elles faisaient la danse de la pluie. Et nous, ici, nous gaspillons quelquefois des mètres cubes d’eau potable à des choses sans grand intérêt pour la communauté.

Foncer des puits est donc vital pour les Nigériens. Le problème est que, même pour un puits dit «de surface», qui descend à 15 mètres de profondeur, il faut compter 1.200.000 F CFA, soit près de 2000 euros. Même pour un village entier, il est impossible de sortir autant d’argent. Surtout que les paysans Nigériens sont loin de gagner le SMIC.
Et lorsqu’il faut creuser à 70 ou 80 mètres de profondeur pour trouver l’eau, ce sont 10.000 euros ou plus qui sont nécessaires à sa réalisation. Ici, nous ne parlons que de puits très rudimentaires, sans aménagement de poulies, de rebords en béton armé ou de pompes. Sinon les prix s’envolent.

Nous ne sommes pas géomètres, ni sourciers. Pour déterminer où creuser et par qui réaliser les travaux, nous nous assurons le concours d’une ONG, l’association «Hed Tamat», déjà en relation avec des organisations humanitaires françaises.

Son président partage son temps entre Niamey et Agadez et supervise toutes les opérations de solidarité qu’ils ont en cours. Hed Tamat intervient déjà dans des forages de puits d’irrigation et connaît les entreprises sérieuses.
En afrique, c’est important. L’ONG participe aussi à des programmes de constructions scolaires, de reboisement, de formation professionnelle de femmes…

Que ce soit pour le forage de puits ou l’acquisition de matériel scolaire, il est préférable de partir là-bas avec de l’argent pour aider le développement économique local. De plus, les fonds consacrés aux frais de transport sont autant d’aides qui ne sont pas utilisées dans des actions concrètes sur le terrain.