ACHEMINEMENT DE MEDICAMENTS

Pour l’acheminement de médicaments, nous nous sommes rapprochés d’une autre association auboise qui intervient dans de nombreux pays, notamment africains, «Tiers Monde et Santé». Cette association est intégrée dans le circuit de récupération de médicaments chez les pharmaciens «Cyclamed».
Jusqu’alors, elle n’intervenait pas au Niger, faute de contacts. En effet, pour éviter que les cartons n’arrivent pas toujours à destination, il convient d’avoir un réseau sûr. Lors de notre précedent voyage au Niger, l’association nous a donné un carton de trois kilos de médicaments.

Avec ce que nous avons collecté par nos propres moyens, ce sont 7 à 8 kilos qui ont pu être acheminés. Notre volonté est de poursuivre avec «Tiers Monde et Santé» qui nous assure également un sérieux médical. Ne partent en Afrique que les médicaments utiles là-bas. Constituée notamment de pharmaciens, l’association est une garantie à ce sujet.

Sur place, nous avons rencontré la responsable de la Délégation départementale de la santé publique d’Agadez (DDSPA). Nous préférons passer par un circuit officiel de redistribution au Niger pour éviter que les médicaments ne se retrouvent en vente libre dans la rue ou qu’ils soient «prescrits» par des personnes qui ne seraient pas formées. De plus, la DDSPA connaît les besoins des différents centres de santé ou des cases de santé du département et peut ainsi porter ses efforts davantage vers l’un ou autre.
Frais de transport.

Les cartons de médicaments peuvent être acheminés de plusieurs façons :
- sur les kilos personnels des membres de l’association se rendant au Niger,
- gracieusement en kilos supplémentaires négociés à l’avance avec les compagnies aériennes,
- bénévolement par les équipages des compagnies adhérents de l’association «Aviation sans frontière» (ASF).
Partenaire de «Tiers Monde et Santé», ASF a un correspondant en permanence à Agadez. Il est chargé d’assurer les rapatriements sanitaires vers la capitale ou les pays limitrophes.
L’association a été contactée au mois d’août à Agadez, il n’y a aucun problème pour être intégré dans le circuit.
Dans tous les cas, les frais de transports sont nuls ou quasiment.


Pharmacie Ambulante


ACHEMINEMENT DE MATERIEL MEDICAL

Pour le petit matériel médical qui peut être amené au Niger, nous pouvons compter sur le concours du Conseil départemental de l’Ordre des médecins. L’un de ses responsables nous avait offert l’été dernier une lampe halogène pouvant équiper un bloc opératoire. Là encore, notre rôle se borne à transporter ce matériel, sur nos kilos personnels, et à l’offrir à l’Hôpital général de Niamey, la capitale, ou à un autre établissement.
Nous pouvons compter sur l’aide d’un Coopérant Français, rattaché à l’ambassade, pour le sérieux et le suivi de cette aide.
Pour du matériel plus important, il convient de trouver une autre solution. Lors de notre voyage, nous avons aperçu à Niamey le bureau local d’une société de déménagement auboise.
Nous allons contacter ses dirigeants pour négocier du transport gratuit de fret lors de déplacements commerciaux. Ceci est valable également pour des fournitures scolaires lourdes ou en grand nombre (ramettes de papier, piles de cahiers…).


ACHEMINEMENT DE MATERIEL SCOLAIRE

Peu d’enfants sont scolarisés. Et ceux qui le sont n’ont pratiquement pas de matériel à leur disposition. Au centre du pays, à Dosso, nous avons pu visiter une école construite par la Coopération Luxembourgeoise, l’école d’Agali.
Bien qu’étant comprise dans un programme de solidarité internationale, il n’y a qu’un stylo pour quatre enfants. Ce qui en dit long sur les endroits où aucune ONG n’intervient…

Ce n’est pas la peine d’envoyer des manuels scolaires pour deux raisons. La première, parce que des livres parlant des «nos ancêtres les Gaulois» n’ont peut-être pas là-bas la même portée historique que chez nous.
La deuxième est qu’il existe, sur place, des manuels scolaires bien adaptés à leur environnement. De plus, faire vivre l’économie nigérienne a plus d’intérêt, à nos yeux, que de se contenter de décharger un container venant d’Europe.
Nous avons rencontré plusieurs coopérants Français et Luxembourgeois connaissant bien le terrain et à même de nous aider dans la diffusion du matériel.


L'ACCES A L'EAU

80% du territoire du Niger est occupé par le désert du Sahara, le Ténéré… Même dans les 20% restants de brousse, l’eau n’est pas accessible à tout le monde. Ne parlons pas des Peuls, ces peuples nomades pour lesquels la seule solution serait de forer des puits pastoraux à une journée de marche l’un de l’autre.
Lorsqu’ils sont en déplacement, à la saison «des pluies», il n’est pas rare que les femmes doivent marcher pendant deux heures pour arriver à un puits et ensuite revenir avec 20 litres sur la tête ou sur les épaules.

Dans les régions dites humides, des villages entiers peuvent souffrir du manque d’eau, surtout pour leurs cultures. En août 2002, alors que la saison des pluies était presque terminée, le mil était près à être récolté à certains endroits alors qu’à une poignée de kilomètres, il ne dépassait pas 30 centimètres de haut.
Dans ce cas, la seule solution pour se nourrir est d’acheter des sacs de mil sur le marché. En période d’abondance, le sac vaut 6500 francs CFA (10 euros). En période de sécheresse, comme c’était le cas, le prix grimpait à 22500 francs CFA (plus de 30 euros).
Au Niger, l’équivalent du SMIC est de l’ordre de 45000 F CFA, un peu plus de 65 euros. Et il faut un sac par semaine à toute une famille pour survivre. Faites les comptes.

Même dans la capitale Niamey, des centaines de milliers de personnes n’ont pas accès à l’eau sauf au fleuve Niger. Dedans, les habitants font leur lessive, se lavent, se baignent, pêchent alors que les tanneurs y rincent les peaux…
L’eau du robinet existe principalement à Niamey et à Agadez, pour les européens et les africains ayant une bonne situation. Ailleurs, c’est le puits lorsqu’il y en a un.
En revenant d’une visite, au bord de la route, nous avons aperçu une centaine de femmes dans un village qui chantaient et dansaient en tapant dans leurs mains et en levant les bras. Dans le village suivant, même chose. Cette fois, nous nous sommes arrêtés pour discuter avec elles.
Elles faisaient la danse de la pluie. Et nous, ici, nous gaspillons quelquefois des mètres cubes d’eau potable à des choses sans grand intérêt pour la communauté.

Foncer des puits est donc vital pour les Nigériens. Le problème est que, même pour un puits dit «de surface», qui descend à 15 mètres de profondeur, il faut compter 1.200.000 F CFA, soit près de 2000 euros. Même pour un village entier, il est impossible de sortir autant d’argent. Surtout que les paysans Nigériens sont loin de gagner le SMIC.
Et lorsqu’il faut creuser à 70 ou 80 mètres de profondeur pour trouver l’eau, ce sont 10.000 euros ou plus qui sont nécessaires à sa réalisation. Ici, nous ne parlons que de puits très rudimentaires, sans aménagement de poulies, de rebords en béton armé ou de pompes. Sinon les prix s’envolent.

Nous ne sommes pas géomètres, ni sourciers. Pour déterminer où creuser et par qui réaliser les travaux, nous nous assurons le concours d’une ONG, l’association «Hed Tamat», déjà en relation avec des organisations humanitaires françaises.

Son président partage son temps entre Niamey et Agadez et supervise toutes les opérations de solidarité qu’ils ont en cours. Hed Tamat intervient déjà dans des forages de puits d’irrigation et connaît les entreprises sérieuses.
En afrique, c’est important. L’ONG participe aussi à des programmes de constructions scolaires, de reboisement, de formation professionnelle de femmes…

Que ce soit pour le forage de puits ou l’acquisition de matériel scolaire, il est préférable de partir là-bas avec de l’argent pour aider le développement économique local. De plus, les fonds consacrés aux frais de transport sont autant d’aides qui ne sont pas utilisées dans des actions concrètes sur le terrain.