Les villages

Namaro
De Niamey, remonter le fleuve Niger par la gauche. Pour rejoindre Tillabéri, vous pourrez ensuite retraverser le fleuve en empruntant le bac à Farié. Namaro est un petit village au bord du Niger à une soixantaine de kilomètres de la capitale. Tous les samedis, c’est le jour du marché. En flanant à travers les ruelles, vous découvrez les petits métiers de l’artisanat, la vie quotidienne du village - même si le jour du marché donne un autre caractère, les étalages de légumes, herbes médicinales, volailles, sans oublier les poteries de Boubon, etc. Rendez-vous sur le bord du fleuve. Le samedi, vous assistez à un ballet incessant de pirogues. Soit elles arrivent à Namaro en descendant ou remontant le Niger ; soit elles vont et viennent d’une rive à l’autre pour permettre aux Nigériens de venir vendre leurs productions ou acheter le nécessaire.
Comme partout au Niger, les différentes ethnies sont présentes. Le marché est un mélange de couleurs, de langages, de tenues vestimentaires et d’odeurs avec la cuisson de beignets, de viandes en sauce, etc.

Dosso
Dosso, chef-lieu du département du même nom, se situe à un peu plus de 130 kilomètres au sud-est de Niamey. Cette ville se trouve sur la «goudronnée» qui va de Niamey vers Agadez, mais représente également un carrefour important pour descendre au Bénin, à 150 kilomètres, au sud. A l’entrée de la ville, en venant de Niamey, vous voyez sur votre gauche le baobab de Dosso. Cet arbre, très rare dans cette partie du pays, est le repère de la ville.


Ville de Dosso
Promenez-vous sur le marché et dans les ruelles.
Avec un peu de chance, vous pourrez visiter le palais du Djermakoye, le sultan.
Dosso accueille un centre artisanal (construit et géré par la coopération luxembourgeoise), comme à Niamey ou Agadez. Vous y retrouvez toutes sortes de produits : bijoux, vêtements, tissus, bibelots et le meilleur beurre de cacahuète du pays (selon les dires des producteurs locaux).

Niamey


Les laveurs de Niamey
La capitale du Niger se trouve au sud-ouest du pays, à proximité du Mali (240 kilomètres), du Burkina Faso (120 kilomètres) et du Bénin (290 kilomètres). A titre de comparaison, certaines villes du pays sont éloignées de la capitale de près de 1000 kilomètres, comme Agadez, voir plus, comme Diffa (plus de 1300 km).

Même s’il existe des villas ou quelques hôtels de grand standing, il n’existe pas un quartier d’affaires avec buildings, tours en verre comme dans d’autres capitales africaines. Par contre, des quartiers entiers se composent de cases en pailles, sans eau, sans électricité. La vie quotidienne des habitants de Niamey se résume à trouver de quoi nourrir sa famille. «Heureusement que nous ne sommes pas comme vous, les européens, nous a dit, un jour, un Nigérien. Nous ne sommes pas obligés de prendre deux repas par jour. Nous, nous mangeons quand nous pouvons». A méditer.

Le Niger est un pays musulman. La mendicité n’est donc pas perçue de manière négative. Elle serait même presque encouragée. A chaque feu tricolore, vous serez accosté, le plus souvent par des femmes et surtout des enfants. Ces derniers portent généralement au bout d’une ficelle passée autour de leur cou, une petite gamelle. Ils mendient dans la rue, sur les marchés, de l’argent ou de la nourriture.

La pauvreté est présente partout. Si vous circulez dans les rues de Niamey de bonne heure, vous voyez quantité de personnes allongées sur le trottoir en train de dormir. Comme dans toutes les capitales, il est déconseillé de se promener la nuit à pied et seul dans certains quartiers.

Hormis cela, beaucoup de personnes travaillent.
Parmi tous les petits métiers, en voici quelques-uns.

Les laveurs du fleuve


Un seul pont relie les deux rives du fleuve dans la capitale, le Pont J.F.Kennedy. Selon la saison et la densité des pluies, les eaux, de couleur boueuse, sont plus ou moins hautes. Chaque matin, c’est le rendez-vous des laveurs. Devant l’hôtel Gaweye, de part et d’autre du pont, venez admirer le linge en train de sécher sur la rive. Il représente un patchwork de couleurs sur des centaines de mètres carrés.


Les tanneurs

Au pied du Grand Hôtel, toujours sur la rive du fleuve, en empruntant la corniche de Gamkalley, vous passez à côté de la tannerie. Pour ceux qui ont déjà visité une tannerie quelque part, l’odeur est partout la même. Pour ceux qui découvrent, pensez à ceux qui travaillent dans les cuves toute la journée. Cela permet de relativiser notre gêne passagère. Les hommes, adultes, commencent à gratter les peaux, d’un côté et de l’autre. Il faut ensuite les laver, rincer, assouplir, teindre, sécher au soleil, etc. Certaines fonctions sont assurées par des enfants.


Les marchands

Que ce soit sur les marchés ou dans les «boutiques», la vente représente une occupation essentielle au Niger. Vous avez, tout d’abord, les marchés (le petit, le grand, le nouveau) situés dans différents quartiers de la ville. Idéal au quotidien pour acheter les légumes. L’agriculture n’étant pas très développée, vous achetez… ce qu’il y a, au prix que l’on vous propose (après avoir marchandé, evidemment). A certaines périodes, inutile de chercher des tomates, par exemple. Les seules qui vous seront présentées sont toutes petites, abimées et hors de prix.

Deux «supermarchés» tenus par des Libanais existent à Niamey, à côté du petit marché. Pour nous, européens, ils n’ont de supermarché que le nom. Là également, vous pouvez être deux mois sans trouver de lait (sauf en poudre). Les rayons se remplissent en fonction des arrivages.
Un autre secteur de vente très prisé concerne l’artisanat : bijoux en argent (ou non), comme les célèbres «croix du Niger», bracelets en plastique tressé, colliers de perle en terre, statuettes d’animaux, batiks, cuir travaillé, couteaux touaregs, pierres de talc sculptées, etc. Là aussi, plusieurs endroits de la capitale sont occupés par des boutiques en tôle ondulée ou en bois précaire : près du Musée, à Château 1 ou encore le village artisanal de Wadata.

Les marchands ambulants
Comme dans les autres pays d’Afrique, les rues foisonnent de marchands ambulants. Vous pouvez acheter sur le trottoir aussi bien de l’essence que des beignets, des cigarettes, des boissons, des montres, des mouchoirs en papier… et des médicaments. Sur ce dernier point, il faut signaler qu’en Afrique en général, existe un trafic de faux médicaments, inoffensifs ou dangereux pour la vie de ceux qui les consomment. Les marchands ambulants ne peuvent offrir aucune garantie sur la qualité de leurs médicaments et, de plus, n’ont aucune connaissance particulière en pharmacie. Ils peuvent vous vendre n’importe quoi pour soigner n’importe quoi.

Lieux à découvrir :


Le musée de Niamey
Le patrimoine de Niamey est pauvre, comme le reste du pays. Par contre le Musée national, face au Centre culturel Franco-Nigérien, vous présente un tour d’horizon complet du pays. Son histoire, sa physionomie, son habitat traditionnel, sa faune, ses coutumes, sa culture, son artisanat. Le parc zoologique abrite dans de petites cages quelques malheureux specimens d’oiseaux, de singes et animaux en tout genre. Deux petits bassins sont la résidence forcée d’un hippopotame et d’une poignée de crocodiles.
Dans une partie du Musée, une grande paillote regroupe des artisans sculpteurs, bijoutiers, etc.
A l’extérieur du Musée, nombre de vendeurs vous proposent boîtes en cuir, batiks et artisanat divers.

- La grande Mosquée
Dans tous les secteurs de Niamey, vous voyez des petits lieux de prière. Ainsi, où que se trouvent les musulmans aux heures de prière, ils n’ont jamais bien loin où aller. Cela dit, des mosquées plus ou moins grandes existent également. La grande Mosquée de Niamey est le rendez-vous de la prière du vendredi pour tous, les pauvres comme les hauts dignitaires du pays. En dehors des heures de prière, bien entendu, il est possible de visiter les différentes salles (en offrant des cadeaux, de préférence en francs CFA) ainsi que de grimper les 9 étages en colimaçon du minaret pour découvrir la capitale, vue de haut.

- Le village artisanal de Wadata
Construit par la coopération luxembourgeoise, le village artisanal de Wadata présente tous les artisanats du Niger : des poteries de Boubon aux bijous touaregs ou aux vêtements peuls. Si certaines boutiques ne sont que des lieux de vente, de nombreux ateliers sont en activité dans lesquels sont réalisés des ceinturons ou des sandales en cuir, des portemonnaies, etc.

- Le désert

Quelle image vous faîtes-vous du désert ? Lorsqu’on évoque ce nom, que voyez-vous ?
1-une grande étendue toute plate de sable sans vie et sans végétation,
2-de grandes dunes de sable mou,
3-une piste vaguement tracée au milieu de champs de pierre,
4-des touffes de végétations jaunies par le soleil

C’est tout cela réuni et encore bien d’autres aspects avec les oasis, les massifs rocheux, etc. Ce qui est surprenant dans le désert, c’est, paradoxalement, toute la vie qu’on y trouve. La vie animale, bien sur, avec, de ci, de là, des singes ou une antilope, mais également des êtres humains. Au milieu de nulle part, vous tombez sur une case ou un groupe de cases. Apparemment, pas de culture. Pourtant, vivent ici des familles avec leur troupeau de chèvres. Au détour de la piste, vous pouvez aussi croiser une caravane de chameaux ou des camions remplis de marchandises avec, agrippés dessus, des dizaines de personnes voyageant à peu de frais. Secousses et bleus garantis, lorsque tout se passe bien.
Vous pouvez tomber nez à nez avec un touareg à la recherche d’une partie de son troupeau. En effet, les animaux sont, quasiment, en liberté et les touaregs, pour les retrouver, suivent leurs traces. Pendant la saison des pluies, il arrive fréquemment que la pluie efface toute trace visible. C’est ainsi que de nombreux animaux se perdent. Leurs carcasses dessechées jalonnent par endroits les pistes.
Donc, si vous partez dans le désert, il y a beaucoup de chances pour que vous rencontriez du monde. Emmenez avec vous du tabac à chiquer et du natran, du thé et du sucre. Ainsi, vous pourrez en offrir à ceux que vous verrez. C’est beaucoup plus sain, et surtout beaucoup plus utile pour les nomades que de leur donner de l’argent.

- La faune
Près de la frontière du Bénin et du Burkina Faso, au sud du pays, le fleuve Niger serpente en formant la lettre W. Cette particularité a donné son nom au Parc national du W dont la surface s’étend sur les trois pays.
Pendant la saison des pluies (juin-septembre), le parc est fermé pour deux raisons. La première est que l’herbe étant haute, vous ne pouvez pas voir quantité d’animaux de petite taille. De plus, les points d’eau étant très nombreux, il n’y a plus de lieux surs où voir les animaux venir se désaltérer. La seconde raison est que, l’herbe étant haute (encore), les prédateurs peuvent s’approcher de vous en toute tranquillité pour vous surprendre. Donc, pas la peine de resquiller.
Pendant le reste de l’année, le parc est ouvert et vous permet d’admirer des dizaines de mammifères dont des éléphants, lions, hyènes, buffle, gazelles, etc, des centaines d’espèces d’oiseaux, migrateurs et/ou sédentaires ainsi que des reptiles (crocodiles, varans, serpents…).

Dans le reste du pays, vous retrouvez tous les animaux domestiques habituels (ânes, chameaux, poules, pintades, chèvres, agneaux, zébus…). Par endroits, près du fleuve, vous pouvez croiser le chemin d’un hippopotame ou d’un varan. Le soir, les cigognes noires viennent se nicher dans les arbres. Une fois la nuit tombée, des chauve-souris de belle taille parcourent le ciel à la recherche d’insectes. Dans le désert, place aux gazelles et aux singes.
Dans les villes, des petits oiseaux viennent buttiner les fleurs ou chiper quelques miettes de pain ou des graines : colibris, becs d’argent, coucous du Niger, etc. Enfin, les margouillats, gros lézards, sont aussi présents que dans d’autres pays d’Afrique.


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