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Carnet de bord
2008
Vendredi 4 juillet
Nouveau départ pour le Niger. Départ de l’Aube à 15 h 30.
Arrivée prévue à Niamey dans la nuit (3 h 30). L’avion au départ
d’Orly est espagnol ainsi que l’équipage qui ne parle pas
français. Nous étions censés voyager avec Royal air Maroc (RAM).
Nous décollons avec une heure et demie de retard. Nous n’avons
qu’une heure de battement à Casablanca pour changer d’appareil.
Espérons qu’il nous attendra…
Samedi 5 juillet
1 h 30 – Casablanca. Notre correspondance est déjà partie, sans
nous. A 3 h du matin, la RAM nous propose de repartir sur Roissy
pour attraper un vol Air France direct Paris-Niamey arrivant
dans l’après-midi. Après une heure dans un hôtel, nous repartons
sur Paris. Nouvelles déconvenues. Le vol Air France est parti et
nos bagages sont… perdus. La fatigue se fait sentir ainsi que la
faim. Après maintes démarches, nous avons enfin un repas vers 15
h 30. Départ repoussé à dimanche 11 h. Où allons-nous dormir ?
Toute la journée est perdue en démarches, la RAM ne répondant
pas aux questions, telex et coups de fil d’Air France. Une issue
est trouvée vers 20 h. Merci à tout le personnel d’Air France
qui s’est mobilisé.
Dimanche 6 juillet
Nous sommes à Roissy de bonne heure pour avoir des nouvelles de
nos bagages. Nous savons simplement que 2 sur 4 ont été
réacheminés sur Paris sans savoir s’il s’agit des cartons d’aide
(vêtements, livres, jeux d’éveil, jouets) ou de nos valises.
L’avion prévu étant en panne, nous décollons avec… 3 heures de
retard. L’aventure continue. A Niamey, nous récupérons les deux
cartons d’aide, le reste sera là peut-être dans 48 heures.
Nouvelles démarches, puis passage à la Douane. Nous retrouvons
nos amis nigériens qui nous conduisent à la case de passage
gérée par la Coopération française. Il est plus de 21 h. Nous
sommes partis depuis plus de 53 heures. Enfin !
Lundi 7 juillet
Matin, repos. Nous sommes épuisés par notre voyage.
L’après-midi, réunion de travail pendant 4 heures avec les
responsableslocaux de l’ASSOFRANI. Nous découvrons le programme
qu’ils nous ont concocté. S’il y a quelques journées de repos,
il y a aussi des départs de mission en brousse à 6 h du matin.
Vive les vacances.
Nous nous promenons un peu dans le quartier. Quel désastre. La
Mairie a fait déménager les cases paillotes de la « Case
allemande ». Ce grand terrain vague accueillait des dizaines de
familles dont celles de certains amis peuls ainsi qu’une école
de trois classes. A la suite de deux incendies, la Mairie a
préféré dégager le terrain. Idem pour les petites boutiques des
vendeurs d’artisanat. Leurs abris en tôle ont été rasés. Ils se
retrouvent dans la rue. Avec la saison des pluies qui s’annonce
bonne cette année, ils ne savent plus où aller et comment
continuer de travailler. Comme s’ils avaient besoin de cela.
Mardi 8 juillet
Visite le matin sur le site de Karsamba où nous avons réalisé un
puits de 51 m en 2007. 83 familles l’utilisent sur place ainsi
que des troupeaux de passage. Nous invitons les paysans à
s’organiser pour des cultures de contre-saison en potager. Ils
disent ne pas avoir les moyens d’acheter du matériel et les
premières semences. Nous leur donnons rendez-vous dans une
semaine pour trouver une solution.
L’après-midi, passage à la banque pour ouvrir un compte au nom
de l’association, puis direction l’aéroport. Nous récupérons,
enfin, nos bagages.
En fin d’après-midi, visite à Kirkissoye voir l’aménagement
extérieur du puits qui devait être fait. A notre grande
surprise, les travaux ne sont pas terminés. Du coup, la
population s’est démobilisée. Les alentours du puits sont sales.
Les carcasses d’animaux sont à nouveau jetées à proximité. C’est
une puanteur. Nous nous rendons chez le chef, un vieux peul qui
ne peut plus se lever. Nouveau rendez-vous dans une semaine.
Mercredi 9 juillet
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Lever à 6 heures pour nous rendre dans le village de Sona pour
la réception d’un nouveau puits réalisé en juin. La population
est très heureuse d’avoir ce nouvel équipement. Cela va leur
éviter d’attraper des maladies en buvant l’eau du fleuve.
Quelques travaux supplémentaires sont demandés. Ils seront
réalisés fin septembre, la période d’hivernage ne se prêtant pas
à certaines tâches. Les villageois vont se cotiser pour acheter
un couvercle à poser sur le puits et un potager va se développer
juste à côté. Les premiers coups de daba sont donnés sur le
champ après que Fanette ait offert des sachets de graines
(haricots verts, carottes, betteraves, tomates, petits pois et
haricots en grains).
Nous profitons du retour pour nous arrêter à Mélé Haoussa, voir
comment se porte la banque céréalière remise en état en 2005.
Très peu de sacs en stock mais de l’argent en caisse, une part
du stock vendue et le reste en prêt aux paysans (plus de 2.300
euros). Nous avons aussi vu de nombreux outils pour développer
les rizières en bord du fleuve. En février dernier, un autre
adhérent de retour en France avait relayé une demande de remise
en état du puits traditionnel. Après discussion, cela ne semble
pas nécessaire.
Jeudi 10 juillet
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Officiellement, journée de repos. Le matin, travail à la case de
passage (comptes-rendus des rencontres avec les villageois) et
recherche d’un cyberespace, celui où nous allions ayant
déménagé. La seule solution dans le quartier n’est pas
satisfaisante : 10 minutes de connexion pour accéder à notre
messagerie, 25 minutes pour envoyer deux simples mails. Et nous
sommes dans la capitale ! Nous voulons nous rendre dans le
centre pour faire des courses, mais des manifestations contre la
hausse des prix nous empêchent d’y aller. Autant les nigériens
sont des gens très paisibles ; autant, lorsqu’ils manifestent,
les caillassages de véhicules peuvent être rapides et violents.
Dans l’après-midi, notre ami Ali Souley vient nous chercher pour
nous amener à son école Kokaranta. Trois nouvelles classes ont
été construites à ses frais et un autre bâtiment est en
chantier. Il peut donc accueillir des élèves du jardin d’enfants
à la 3e. Nous lui offrons des jeux d’éveils, des magazines pour
enfants et des livres pour la bibliothèque.
En soirée, nouvelle réunion de travail avec Ali Boubacar, notre
président et Harouna, notre puisatier. Mises au point sur
plusieurs dossiers et examen des autres projets 2008. Les
demandes exprimées sont beaucoup plus nombreuses que nos moyens
financiers. Les programmes 2009 et 2010 sont déjà pleins…
Comment faire ?
Vendredi 11 juillet
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Départ pour une visite au village de Soudjé Dey à 235 km de
Niamey. Un pneu éclaté, une heure de perdue. Ensuite, tempête de
sable avant un orage. Nous arrivons à la limite du goudron, à 15
km du village, dans la voiture à Ali. La piste est impraticable
pour un véhicule ordinaire. Devrons-nous faire demi-tour après 4
heures de trajet, si proche du but ? Un villageois nous emmène
dans sa « limousine » pour une fin de parcours qui restera dans
nos mémoires.
Le puits villageois tient comme par miracle. Pas la moindre
trace de ciment. Le pourtour de l’ouvrage est composé de
branches maintenues entre elles avec du sable mouillé. Un puits
digne de ce nom est une nécessité absolue. Un chantier va
démarrer la semaine prochaine dans un autre secteur. Il devrait
durer deux semaines. Sitôt terminé, le matériel sera amené à
Soudjé Dey pour le démarrage du chantier. Au total pour cette
année, ce sont trois nouveaux puits pour un montant total
avoisinant les 15.000 euros à mettre à l’actif de l’ASSOFRANI.
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Samedi 12 juillet
Premier jour de repos, vu qu’Ali est de mariage. Le matin, préparation de notre journal de bord pour le site. Envoi depuis l’école Kokaranta. Nous apprenons qu’une fête aura lieu dimanche soir pour fêter les bons résultats de l’école : 100% de réussite au certificat d’étude premier degré. Bravo à tous !
L’après midi, nous allons en ville acheter des graines pour le jardin de Karsamba.
Vers 18 h, nous retrouvons Lamine (il a vécu la même galère que nous pour son retour à Niamey…). Nous partageons brochettes, « conjoncture » (la bière locale) et coucher de soleil avec lui. Cette soirée de détente est appréciée ! Lamine, qui est gynécologue, nous emmène visiter sa maternité qui est très bien aménagée.
Dimanche 13 juillet
Encore une journée pour nous.
Cela nous permet de revoir certains amis, Rouda qui rentre du Burkina Faso, BB qui nous fait des nappes en batik sur mesure, un véritable artiste !
Vers 18 h, nous sommes attendus à l’école Kokaranta de notre ami Ali Souley pour partager le méchoui avec tout le personnel, enseignants, administratifs et gardien. Un moment de convivialité très agréable.
Dans la soirée, nous retrouvons avec plaisir Mohamed Bazo et Rhidouane.
Nous faisons le point sur les devis avec ce dernier qui est devenu trésorier de l’ASSOFRANI au Niger. Il a un ami qui travaille au ministère de l’hydraulique, il va nous le faire rencontrer.
Lund 14 juillet
Petite coupures d’eau dans la matinée.
Défilé de peuls, pour des problèmes d’eau dans leurs différents campements autour de Tinch’Tabaradène. 4 nouveaux dossiers à élaborer. Le problème est que c’est une zone difficile d’accès, où le coût de construction d’un puits est très élevé ! Nous leur expliquons notre façon de travailler et qu’on ne peut rien leur promettre. A midi nous disons stop !
Vers 16h, grosse coupure d’électricité, qui dure jusqu’à plus de 21h. Et nous sommes dans la capitale. Imaginez un arrondissement entier de Paris dans le même cas.
Dans l’après midi, visite d’Ali Boubacar et de Rhidouane. Nous faisons le point sur les projets en cours et les chantiers… jusqu’à 21h ! Vive le 14 juillet ! Ici ce n’est pas feu d’artifice au programme, mais plutôt feu de bois.
Vers 21 heures, nous partons tous les deux fêter le 14 juillet à notre façon : bière locale et brochettes dans un petit maquis du quartier.
Mardi 15 juillet
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Nous partons pour le marché de Katako pour acheter arrosoirs, râteaux, pelles, binettes et dabas pour les villageois de Karsamba. A notre arrivée sur place, plus de dix « planches » ont été travaillées en vue de semer des graines. Seul problème, mais de taille, personne n’a amené de puisette avec une corde assez longue pour remonter l’eau du puits. Palabres pendant plus d’une heure, en vain. Nous rentrons avec le matériel sur Niamey avec la promesse qu’ils cotisent pour acheter une puisette collective. Dès qu’ils seront prêts, nous reviendrons.
L’après midi retour à Kirkissoye où nous avons rendez-vous avec la population pour comprendre ce qui s’est passé.. Devant les quelques villageois présents, nous prenons la décision de finir les travaux vendredi prochain et fixons un nouveau rendez-vous à 17 h pour la réception finale du chantier.
Réunion de travail avec Ali et Harouna, travail sur les devis qui nous semblent trop élevés. Boubacar vient nous rendre visite, c’est la première fois que nous le voyons cette année, l’émotion est grande.
Repas peul chez Rouda, où nos retrouvons sa famille. A notre retour, visite tardive d’Ali et Harouna, le lancement du chantier à Ida Bangou est reporté à mardi prochain.
Mercredi 16 juillet
Comme Ida Bangou est reporté, journée calme, ce qui n’est pas mal car Pascal est enrhumé et fiévreux. Nous en profitons pour acheter du pagne et faire des vêtements, des girafes et des étuis à portable (modèle fourni) dans leurs beaux tissus.
L’après midi une documentariste, Ingrid, vient nous parler du fonçage de puits traditionnels et nous présente son film. Rencontre très intéressante car nous apprenons beaucoup de choses sur la notion d’eau potable selon l’OMS.
Jeud 17 juillet
Nous passons à la banque, le virement n’est toujours pas fait et le prix du ciment risque d’augmenter !
Nous avons rendez-vous avec BB au musée pour le regarder travailler sur ses nappes en batik.
C’est vraiment un artiste !il a un coup de crayon extraordinaire. Il lui faut 72h pour faire une nappe.
L’après midi nous allons au CASEC, centre éducatif que nous connaissons depuis 2002 afin de leur remettre des jeux éducatifs que l’on nous a donné ici et là. C’est toujours un moment de plaisir d’être parmi eux, personnels et enfants. Une correspondance est envisagée entre ce centre et la ludothèque auboise « la Girafe »
Nous avons rendez-vous avec de jeunes peuls en fin de journée pour un nouveau problème d’eau dans leur village, mais c’est loin au Nord !
Vendredi 18 juillet
Nous partons à Kirkissoye pour la pose de la potence sur le puits.
En route, un nouveau problème d’eau est évoqué par le taximan, dans le village de Karbassez Terra. L’ASSOFRANI n’est pas prête de disparaître !
Le soir, nouvelle déconvenue, peu de personnes à notre rendez-vous pour finaliser les travaux à Kirkissoye. Nous allons voir le village de Séno juste derrière, dans la brousse à un quart d’heure de marche pour voir un puits tari, une nouvelle demande nous arrive. De retour à Kirkissoye, nous sommes récompensés par le sourire d’une enfant qui tire sa première puisette avec la poulie. De ses yeux brillants, elle explique que c’est facile, qu’elle ne sent plus le poids de l’eau.
Un peu d’humour
Ce matin M. Hada nous a dit : « La pluie va venir aujourd’hui ! »
Pascal qui venait de lui acheter des cartes batik avec marchandage habituel lui a répondu :
s’il pleut, je te donne 1.000 F de plus (15 euros), s’il ne pleut pas, c’est toi qui me donne 1.000 F. » Pari tenu.
Il est 22h, et la pluie tombe ! C’était le jour de chance de M. Hada !
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Samedi 19 juillet
Notre visite aux girafes est reporté à demain à cause de la pluie. Elle est tombée une bonne partie de la nuit, transformant les rues de Niamey de latérite en bassins. Les véhicules évitent les flaques, y compris en roulant sur ce qui sert de trottoir.
Nous restons donc dans le quartier. Fanette va voir le bijoutier qui répare, refait des bijoux à la demande. Il lui explique comment il travaille avec peu de moyens. Il fait des merveilles.
Adamou, le couturier, fait une première livraison. Achat d’artisanat divers : cartes en batiks, objets en corne, petits colliers, etc.
Pendant la journée, nombreuses visites d’amis, pour le plaisir et encore d’autres pour des nouveaux projets.
Dimanche 20 juillet
Avec Ali Boubacar, notre président au Niger, et ses enfants, nous rendons visite à nos amies les Girafes de Kouré, dernier troupeau en liberté du Sénégal au Tchad. Elles sont toujours aussi belles. Nous avons de la chance. Nous en trouvons une vingtaine.
Retour sur Niamey et déjeuner au Relais de Kanasy, une halte verdoyante au bord du fleuve. Kanasy est un peu le rendez-vous de détente de nombreux coopérants français. Aub hasard des tables, nous y retrouvons Hervé, un ami connu il y a deux ans, et François, rencontré cette année.
Après le repas, balade en pirogue sur le fleuve rouge de terre à cause des ruissellements de pluie pour dire bonjour (de loin) aux hippopotames.
En soirée, à nouveau de nombreuses visites de peuls, de touaregs et d’une artiste peintre, Fati.
Lundi 21 juillet
Fanette est un peu souffrante, un bon rhume dû à la clim dans le 4 x 4 hier aux girafes. Pour montrer qu’elle fonctionne bien, ils la mettent à fond. Bonjour les sinus !
Malgré cela, nous rendons visite à Boubacar, notre ami touareg depuis 2002. Faute de moyens, il vit toujours sous la case, sans eau, ni électricité. Repas pris ensemble, avec les enfants.
Dans l’après-midi, coup de fil de la banque. Le virement attendu depuis près de deux semaines est enfin arrivé. Nous allons enfin pouvoir démarrer le chantier d’Ida Bongou. Passage à Katako, le marché où l’on trouve tout, pour acheter 10 tonnes de ciment et 15 paquets de fer à béton.
Mardi 22 juillet
Nous partons pour Ida Bangou démarrer un nouveau puits. 3 heures de route pour moins de 150 km. Les trous dans la chaussée sont tellement grands que les véhicules y cassent leurs amortisseurs ou suspensions… Prudence !
L’accueil à Ida Bongou est très chaleureux, des hommes puis les femmes organisées en groupement nous attendent. Nous visitons le futur chantier où sable et gravier ont déjà été apportés. Nous donnons les premiers coups de pelles, puis nous signons le contrat qui définit les responsabilités de chacun. Après un repas partagé avec les hommes, nous rentrons sur Niamey.
En soirée, Chebbou nous amène une partie de son travail, des sculptures en pierre de talc. II nous explique que la pierre est chère en ce moment car il est plus difficile de se réapprovisionner, la pierre venant de la région de l’Aïr.
Conseils de conduite
Comment éviter les trous lorsque vous roulez sur les « routes » du Niger ?
- Réponse a : Vous roulez à gauche s’il n’y a des trous qu’à droite.
- Réponse b : Vous vous jetez dans le bas-côté de droite.
- Réponse c : vous slalomez en zigzaguant entre les trous.
- Réponse d : vous roulez carrément sur le bas-côté de gauche pour éviter le goudron.
Solution. Toutes les réponses sont bonnes. Chacun fait comme il peut
Mercredi 23 juillet
Nous avons rendez-vous à la faculté de sciences. Nous remettons au Docteur Zibo Garba, doyen de la faculté, une dizaine de calculateurs graphiques offerts par le Lycée Edouard Herriot de Sainte-Savine. La fac manque cruellement de moyens, notamment matériels. Nous allons essayer de mettre en place un partenariat avec des établissements aubois pour leur venir en aide.
Comme d’habitude, nombreuses visites à la case dans l’après-midi.
En soirée, nos amis Ali Souley, de l école Kokaranta, et Amina, son épouse nous rejoignent pour le diner. Détente et humour.
Jeudi 24 juillet
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Journée studieuse. Le matin, venue de peuls pour un nouveau projet dans le village de Gorioré, près de Margou Béné (où nous avons réhabilité le puits villageois l’an passé).
Ensuite, réunion de travail technique avec Harouna, le puisatier. Explications, propositions d’économies. Un accord est trouvé pour réaliser en supplément quatre abreuvoirs déportés à Ida Bongou. Comme nos adhérents nigériens ont récupéré quelques finances et que le prix du ciment a baissé de 20 %, nous décidons l’achat d’une potence pour le puits de Karsamba de 51 m de profondeur.
L’après-midi, visite à une ONG d’envergure internationale, « Eau Vive », pour leur demander des conseils. L’entrevue nous conforte dans notre façon d’agir. Merci de leur accueil et leurs renseignements.
En début de soirée, remise officielle du chèque au puisatier par Ali Boubacar et Rhidouane (notre trésorier) permettant de financer les abreuvoirs déportés et la potence.
Le soir, visites d’Issoufa, un ami touareg étudiant et d’Adamou, le couturier qui nous amène des girafes en tissu.
Vendredi 25 juillet
Journée assez calme. Le matin, rendez-vous avec la population de Kirkissoye pour la réception finale du chantier et les explications de fonctionnement. Ouf ! Ils sont au rendez-vous en nombre. Les sourires sont sur toutes les lèvres. Plusieurs personnes, hommes et femmes, essayent la nouvelle installation, qui donne satisfaction. Ils vont se cotiser pour payer le salaire d’un gardien près du puits (5 francs le seau, 10 francs pour une lessive, soit 0,75 centime et 1,5 centime d’euro), acheter un couvercle pour empêcher de jeter des choses dedans, financer des puisettes et des cordes de qualité, etc. Dossier classé avec succès.
Après-midi paisible chez Chimbido, un ami peul, entourés de sa famille, sous la case. Une autre vie dans un autre monde. Simplement vivre, mais intensément, humainement ! Merci.
Plus qu’une petite semaine et encore tant de choses à faire d’ici là…
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Samedi 26 juillet
Dernière semaine. Déjà ! Journée assez calme.
Le matin, travail sur internet (merci à Jean-Claude qui a mis en ligne les infos en France). Nous rendons une nouvelle visite à notre ami Boubacar.
Dans l’après-midi, Issoufa vient nous chercher pour une rencontre avec des étudiants désirant éventuellement s’investir dans l’association : futurs médecin, juriste, informaticien, enseignant, géographe…
L’avenir du Niger, c’est eux. Actuellement, de nombreux élus, à l’Assemblée nationale et ailleurs, ne sont pas lettrés. Comment s’en sortir dans ces conditions ?
Dimanche 27 juillet
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Ali Souley passe nous prendre en voiture de bonne heure
pour nous emmener à Ayorou, voir les hippos, le marché, etc.
200 bornes sur un bon goudron, dans une bonne voiture. Nous
avions perdu l’habitude… Après Firgoune, ballade en pirogue.
Nous côtoyons les hippos. C’est la première fois que nous
les entendons aussi bien souffler en remontant à la surface.
Nous sommes en pleine chaleur et eux, à l’abri, dans l’eau.
Veinards !
Non loin de là, un nouveau dossier, le village de Koutougou.
Ils n’ont que l’eau du fleuve ou des marigots, toute
l’année. La population très mobilisée a cotisé 175 000 FCFA
pour un projet de puits. A rajouter sur le dessus de la pile
des priorités. Cela ne s’arrêtera jamais…
Etape suivante, le marché. Toujours aussi coloré, vivant et
beau. Retour sur Niamey.
En soirée, dîner « à l’africaine » entre occupants passés ou
présents de la case de passage. Mise en commun de tout ce
qu’il y a. Merci à vous, François et Jean-François. On se
reverra en février 2009
Lundi 28 juillet
Nous devions partir à Karsamba installer la potence avec
les poulies. Sauf que les villageois ne se sont pas
mobilisés, une nouvelle fois, pour venir chercher le
matériel. Tant pis pour eux. Nous les avions prévenus.
La
potence sera installée sur le chantier suivant, à Soudjé
Dey. Et tout le matériel de jardinage sera offert au
groupement de femmes d’Ida Bangou.
La journée se passe entre démarches diverses et visites à la
case. Chebbou, le sculpteur de pierre de talc et Daré, le
peul aux objets réalisés en corne de bœuf nous amènent les
commandes d’artisanat. Quel dommage qu’ils ne puissent pas
en vivre correctement par manque de clientèle. L’un des
problèmes du Niger réside là. Très peu de tourisme, donc
très peu de débouchés pour les artisans. Ils ont pourtant de
l’or dans les doigts. Que dans les doigts, malheureusement !
Mardi 29 juillet
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Départ pour Ida Bangou. C’est la réception du puits avec les abreuvoirs déportés. Ali ne peut pas venir avec nous, un décès dans la famille. BB, lui, est du voyage. Sa famille est originaire de Baleyara, sur la route. A nouveau des heures de voiture dans les trous. Comment est-ce possible de laisser des routes dans cet état ?
Une fois arrivés, c’est la satisfaction totale. Le puits est terminé. La population est ravie. C’est le chef du village qui remonte officiellement les premières puisettes en montrant que les abreuvoirs déportés fonctionnent bien. Hommes, femmes, enfants, tous sont contents.
Nous profitons de l’instant en oubliant toutes ces heures de boulot, quelquefois de galère, qu’il a fallu traverser pour en arriver là. Là, on se sent vraiment utiles. Et prêts à repartir pour un autre tour.
Sous un arbre, les échanges se poursuivent longuement, comme si personne n’avait envie que cet instant de bonheur s’arrête…
En soirée, dîner de brochettes avec Rhidouane et sa future épouse Madina, le 31 août (soyez heureux).
Mercredi 30 juillet
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Journée de repos. Plus que deux jours avant le retour en France.
Nous voyons une dernière fois Boubacar. Il a envie d’ouvrir une petite « boutique », une simple boîte en tôle d’un mètre cinquante de large dans laquelle il détaillera du riz, de l’huile, des cigarettes vendues à l’unité, des petits sachets de lait en poudre, du sucre, etc. Nous décidons de l’aider à se sortir de là. Courage, l’ami !
Dans l’après-midi, nous apprenons que l’aéroport de Niamey est en grève. Plus aucun avion ne peut atterrir. Certains voyageurs ont été déposés à Ouagadougou (Burkina Faso) et doivent se coltiner une journée en bus pour rejoindre Niamey. La galère va-t-elle recommencer pour le retour ?
Dernière réunion de travail. Bilan de la mission, point financier.
Un nouveau virement sera effectué pour financer le dernier chantier. A la demande d’Ali, notre président nigérien, nous ne démarrerons pas le chantier de Soudjé Dey demain. Tout d’abord, nous n’avons pas suffisamment d’argent disponible pour régler les 50 % habituels. Mais il semble aussi que le devis ne soit pas satisfaisant. D’autres consultations sont lancées pour comparer et tenter de réaliser des économies. Nos adhérents nigériens prennent de plus en plus leur rôle au sérieux. C’est bien !
Jeudi 31 juillet
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Dernier jour.
Coups de fil aux compagnies aériennes au sujet de la grève. Le mouvement de grève a été suspendu. Nous décollerons normalement la nuit prochaine.
Amadou, le marchand de légumes qui arrive sur son vélo avec des sachets tout autour passe nous dire au revoir. Il cultive lui-même les légumes sur la rive droite du fleuve.
Ali passe à la case. Nous devons aller à Gorioré voir un nouveau projet et profiter du voyage pour nous rendre sur deux projets 2007, Kiota et Harikanassou. Ali doit donner sa voiture au mécanicien. Elle a souffert pendant le voyage d’Ida Bangou, mardi. Départ prévu à 10 h. A 13 h, la voiture n’étant toujours pas prête, nous annulons notre dernière mission. De toute façon, nous n’avons plus un sou en France et aucun nouveau projet ne pourra voir le jour avant de reconstituer un peu notre trésorerie. La visite du site aura lieu normalement en février, lors de notre prochain séjour. Dommage que cela se termine de cette façon…
De nombreux amis, français et nigériens, viennent nous dirent au revoir.
Vendredi 1 août
Lever à 1 h 10 du matin (courte nuit !).
Ali nous amène à l’aéroport pour 2 h. Décollage prévu à 4 h 25.
L’avion de la RAM a une heure de retard. Cette fois-ci, ce n’est pas grave. Nous avons plus de deux heures de battement à Casa. Sauf que notre correspondance quittera Casablanca avec… deux heures et demi de retard.
Ce départ, reporté de 30 minutes en 30 minutes, nous a laissé croire un instant que nous allions revivre une nouvelle galère. Là, rien de trop grave. La navette d’Aube transfert nous attend comme prévu.
Retour à la maison peu avant 20 heures. Encore une bonne journée bien fatigante.
Avec la finalisation du puits de Kirkissoye, le chantier de Sona, la livraison d’Ida Bangou et le prochain démarrage de Soudjé Dey, l’année 2008 aura encore été un bon cru pour l’ASSOFRANI. Surtout que les choses avancent aussi là-bas. Il nous faudrait vraiment des moyens financiers supplémentaires. Certaines pistes ont été tracées. Nous allons essayer de les rendre concrètes.
A suivre !
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