Carnet de bord 2007

 

Mercredi 7 février
Atterrissage à Niamey à 1heure 10 du matin,
avec 25 minutes d'avance sur l'horaire prévu.
Du jamais vu !
Nous avons une centaine de kilos de bagages
(dont moins de 30 pour nous) que Royal Air Maroc nous a transporté gratuitement. Merci à eux.
Dans les cartons, 90 maillots de baket et 14 ballons offerts par Sainte-Savine Basket. Un proverbe dit qu'il n'y a pas de coïncidence. Il n'y a que des portes que l'on ouvre ou pas. Sainte-Savine Basket était à la recherche, l'été dernier, de joueuses de bon niveau étrangères. La Ligue française leur a proposé des nigériennes. Cela n'a pas pu se faire, mais le contact était établi. Dans nos bagages, également, un magnétoscope avec une quarantaine de cassettes video à offrir au centre social Talladje, des livres
pour une bibliothèque scolaire, des jeux éducatifs,
des fournitures scolaires...
Nous retrouvons toujours avec plaisir nos amis adhérents nigériens ainsi que le quartier
de Château 1 et ses "petites boutiques".
La saison chaude est en avance. Entre la saison froide (décembre, janvier) et avril-mai, il y a d'habitude une saison intermédiaire à 25-30° C. A notre arrivée, il fait déjà 25° C et dans la journée, les 40° C sont atteints. L'organisme accuse le coup...

 

Jeudi 8 février
Nous rendons visite à Ali Boubacar, le président nigérien de l'ASSOFRANI pour notre première réunion de travail.
Nous faisons le point sur tous les projets en cours.
Les mauvaises nouvelles semblent se succéder.
A Karsamba, l'eau prévue à 35 m n'est toujours pas là
à 48 m. De plus, la population ne s'étant pas impliquée,
le puisatier demande une rallonge. A Terazar, nos amis
sont tombés sur une roche très dure. Il va peut-être falloir recommencer un autre trou plus loin.
Heureusement, la cimenterie n'avait pas été faite en allant, la nature du sol permettant d'attendre l'arrivée à l'eau.
A Kiota, tout est au point mort. Le dossier pourtant prêt depuis des mois ne démarre pas. Enfin, à Kirkissoye,
les devis vont de 250.000 F CFA (380 euros)
à 1.800.000 F CFA (2.800 euros).
A part ça, tout va bien !!!
Les retrouvailles avec certains de nos adhérents
sont prometteuses. D'autres pistes se dessinent.

 

Vendredi 9 février
Ce matin à la case, venue d' Ali Boubacar en temps que responsable du basket, cette fois, pour faire l'inventaire du matériel offert par le club
de Sainte-Savine Basket que nous remercions vivement. 9 équipes se verront dotées de maillots ! 14 ballons sont aussi arrivés. La remise "officielle"
se fera le jour de la reprise de la saison, le 24 février prochain, normalement devant la télé nationale. Actuellement, les filles qui terminent un match à 18 h donne leur maillot aux garcons qui jouent à 21 h.
Pas le temps de les laver, juste de les faire sécher.
L'après midi sera une réunion de travail avec Almousse, Ali, Harouna, un puisatier de Kiota et Issoufa, représentant de notre ONG partenaire
HED TAMAT.
Nous décidons tous ensemble de nous rendre à Kiota dimanche pour le lancement du chantier du puits.
Un acompte de 1.200 € est donné à Harouna Sina pour acheter le matériel avant notre venue au village. Il s'engage à construire ce puits en deux semaines... Il nous donne des informations très techniques
qui nous rassurent quant à ses capacités.
C'est un spécialiste... qui sait quoi faire dans un terrain sableux pour que le puits dure 30 à 40 ans ! Quand il nous parlait de son futur chantier, il avait un sourire et les yeux qui s'allumaient.
Une bonne journée qui rattrape en partie celle d'hier.

 

Samedi 10 février
Départ pour Karsamba. Quatre membres de l'ASSOFRANI,
le responsable du chantier, et nos amis Ghissa
et Boubacar s'y rendent.
Nous découvrons le puits en chantier, c'est très émouvant..
Il fait 50 m de profondeur et l'eau n'est toujours pas là !
Mais bonne nouvelle, la terre est de plus en plus grasse
et humide, l'eau n'est plus loin..
Nous mettons les choses au point avec la population
très présente cette fois... et leur exposons les problèmes posés par leur non participation. Une collecte s'organise
et 17.000 FCFA sont récoltés ce qui représente 17 jours
de travail d'un manoeuvre. La collecte va continuer,
car certains n'avaient pas d'argent sur eux et d'autres
étaient absents. Autre bonne nouvelle, un comité de gestion de l 'eau sera élu pour prendre en charge l'entretien du puits.
Dans l'après midi nous rencontrons le fils du chef de Kirkissoye et Adamou, un ami à côté du puits à restaurer.
Les villageois seront convoqués à une réunion de préparation du chantier mardi prochain. Quelques idées intéressantes
ont été émises et seront retransmises aux villageois mardi prochain. En deux jours, le moral est passé au beau fixe.


Dimanche 11 février
Les jours se suivent et se ressemblent avec bonheur. Lever à 6 h 45 pour aller à Kiota lancer le chantier du puits. Le puisatier a acheté les ferrailles et acheminer tout le matériel nécessaire sur place hier samedi,
pour la plus grande joie de la population. A plusieurs reprises, des ONG leur ont promis des choses qui ne se sont pas concrétisées.
Tout le monde nous attend. Un convoi de charettes arrive, toutes chargées de gravas destinés à la construction. Fanette puis Ali se succèdent à la pelle pour les premiers centimètres du puits.
Plus symbolique qu'autre chose.
Un potager de 2 hectares ceint d'un grillage
va voir le jour très rapidement.
Ensuite, prises de paroles officielles et signature de la convention de partenariat entre les différentes parties.
Puis la délégation visite le collège tout en classes "paillottes" de Kiota. 10 classes pour 501 élèves.
En 2001, année de son ouverture, le taux de réussite au BEPC était de 5,17 %. L'an passé, les derniers chiffres étaient supérieurs à 91 %... Et tout cela sans moyens. Certains profs n'ont même pas de manuel scolaire pour leurs préparations. La plupart des élèves s'asseoient par terre, dans le sable.
Difficile de tracer des courbes en maths...
Avant de quitter Kiota, visite d'un vieux puits
que l'association pourrait peut-être réhabiliter et approfondir pour trouver l'eau potable dans
le vieux quartier du village.
Tout va pour le mieux. C'est l'Afrique !

 

 

Lundi 12 février
Nous retournons à l'école Kokaranta à Niamey dont notre ami Ali Souley est le fondateur. Que de transformations ! 3 classes supplémentaires, un jardin d'enfants,
deux cantines, une librairie, un exemple pour le Niger ! C'est une belle réussite. Nous y laissons quelques matériels sportifs, des livres pour la bibliothèque
et des jeux éducatifs.

L'après midi sera calme à la case, ponctuée par des visites d'amis peuls dont Bamo. Il reste un long moment avec nous et nous évoque la vie difficile de sa famille en brousse à Azangafa. Nous apprenons que la malle de fournitures scolaires pour l'école du campement
(confiée à Rouda en 2004) est enfin arrivée !
Il aimerait nous emmener dans son campement qui n'est pas facile d'accès mais n'a pas de véhicule et la location d'un 4x4 coûte horriblement cher !

 

Mardi 13 février
Ali Boubacar vient nous chercher à 9h30 pour retourner voir le puits de Kirkissoye. Nous y avons rendez-vous
avec les villageois et notre ami couturier Adamou…
Nous y retrouvons aussi Harouna , le puisatier de Kiota. C’est son vieux qui a fait ce puits il y a 48 ans, il le connaît parfaitement bien ! Toujours aussi passionné par son travail, il nous explique ce qu’il serait bon de faire pour assainir l’endroit. Les fils du chef présents nous écoutent. Nous leur expliquons notre façon de travailler
et de voir les choses… car peu de villageois sont venus. Nous devons nous retrouver jeudi prochain à 10 h.
L’après midi, nous avons une réunion de travail
avec le bureau nigérien et Harouna le puisatier.
Le devis de Kirkissoye est trop élevé (1.100€) et nous
ne pourrons pas le financer cette fois-ci.
Nous prenons la décision de remettre en état le deuxième puits de Kiota où la population est motivée et prête. Ainsi, nous allons faire une économie de 250 000 FCFA, un peu plus de 380 euros, d’installation et de repli du chantier, puisque le matériel est déjà sur place.
Nous cherchons une solution pour Karsamba et le paiement du surcoût qui s’élève à 812 €, nous mettant
en difficulté financière. Des idées nous viennent pour que ASSOFRANI Niger dégage des bénéfices et participe aux financements des opérations comme le fait l’AACP.
Première coupure de courant au moment
du repas du soir !

 

Mercredi 14 février
Nous décidons d’aller à Karsamba pour trouver une solution avec les villageois. Assofrani France prend en charge 200 euros correspondants au surcoût dû à la profondeur, plus de 50 m au lieu des 35 estimés.
Le puisatier s’engage à aller jusqu’à l’eau, quelle que soit la profondeur, sans demander de rallonge supplémentaire. Enfin, les villageois vont passer une convention avec Assofrani Niger pour les 612 euros restants, étalé sur plusieurs mois. Une épine de moins dans le pied. Du coup, le 2e puits de Kiota pourra peut-être être financé sans virement bancaire immédiat de France. Economie des frais, 40.000 FCFA (60 euros).

L’après-midi, nous allons au CASEC (Centre associatif socio-éducatif et culturel) de Talladjé, le quartier le plus populaire de Niamey. Nous leur offrons un magnétoscope et une cinquantaine de cassettes video, tant pour enfants que pour leurs parents. Installation du matériel et visionnage de deux histoires courtes. Les encadrants trouvent aussitôt le travail qu’ils peuvent en tirer avec les jeunes du secteur. Les autres films pourront faire l’objet de séances ouvertes aux parents moyennant un prix d’entrée modeste (0,15 €). Ils découvriront ainsi le centre et les recettes permettront d’acheter un peu de matériel pour les activités des enfants.
Le soir, diner en tête à tête dans un resto
pour la St Valentin. Sans commentaire…

Jeudi 15 février
C’est un peu la réunion de la dernière chance ce matin à Kirkissoye. Si la population ne se mobilise pas, nous irons voir ailleurs. Elle le sait. Deux bonnes surprises.
De 30 à 40 personnes nous attendent. Les villageois ont compris. Et dans la soirée, Ali a négocié avec Harouna, le puisatier. Nous ne pouvons pas financer les travaux pour le moment. Il s’arrange avec ses fournisseurs.
Les travaux démarreront dès le 26 février et nous
les paierons dès que nous pourrons.
D’ici le 26, la population doit couper certaines branches d’arbre surplombant le puits dont les feuilles et les fleurs tombent dedans. Les abords seront aussi nettoyés des déchets (papier, cartons, plastiques, bouts de tissus). Nous allons demander à nos amis d’HED Tamat de venir leur donner quelques conseils sanitaires. Nous sentons que la population ne demande qu’à apprendre.
Après-midi consacrée à la saisie de rapports, écriture
de courriers pour la France, etc.

 

Vendredi 16 février
Ce matin repos obligatoire, Fanette étant souffrante ce qui arirve fréquemment au bout du dixième jour.
Nous en profitons pour rédiger notre courrier et mettre au point nos rapports de mission.

L’après midi, réunion de travail avec Issoufa, représentant l’ONG HED TAMAT. Les villageois de Karsamba nous ont demandé de l’aide pour mettre en route des jardins collectifs et un groupement de femmes, ceux de Kirkissoye aimeraient avoir une sensibilisation à l’hygiène autour du puits. Issoufa est d’accord pour nous aider, il suffit d’obtenir l’accord de ses supérieurs à Agadez.

 

Samedi 17 février
Ce matin, nous retrouvons nos amis du groupe Etran Finatawa qui sont en répétition à l’hôtel Masaki.
L’après midi, départ pour Mélé Haoussa,
visiter notre banque céréalière.
Nous découvrons avec plaisir que le village se développe : du jardinage, une classe supplémentaire, des lattrines pour les enfants de l’école et un marché à l’entrée du village sur le goudron. Que de changements !
Nous rencontrons les principaux gestionnaires de la banque céréalière. Un bon stock est emmagasiné Il y a plus de 150.000 Fcfa en caisse et quelques crédits qui ne sont pas arrivés à échéance. Tout va donc pour le mieux.
Nous les félicitons, nous sommes remerciés pour l’aide que nous avons apportée, ce qui a été un véritable déclic pour eux. Ils nous expliquent que de se sentir épaulés
va leur donner encore plus de courage.
Belle réussite pour tous !
Demain dimanche, c’est leur premier marché…

 

Dimanche 18 février
Première vraie journée de repos ! Lever à 7 heures pour aller voir les girafes de Kouré. C’est le dernier troupeau en liberté de toute l’Afrique de l’Ouest. « Bonnet blanc », le meilleur guide, nous amène jusqu’à deux groupes de quatre girafes, dont deux petits. A cette saison, elles sont un peu loin du village et nous avons dû les chercher un peu, le guide monté sur la galerie faisant des signes au chauffeur avec un bâton devant le pare-brise.
Toujours le même plaisir d’admirer ces animaux
à la fois curieux et craintifs.
Ensuite, repas dans un site ombragé au bord du fleuve Niger. Rien que de la détente ! Notre ami Rhidouane nous prépare le thé traditionnel touareg après le repas.
En soirée, le naturel reprenant le dessus, petite réunion de travail avec Boubacar, trésorier de la Ligue de basket et ami de l’ASSOFRANI. Il nous concocte deux rendez-vous pour demain avec d’éventuels partenaires en vue
de financer l’acheminement de matériel par conteneur.

 

Lundi 19 février
Ce matin, nous allons prendre rendez-vous avec le premier vice président de l’assemblée nationale et le directeur de la SONIDEP (société pétrolifère), en vue d’établir des partenariats.
Le premier vice-président nous donne rendez-vous mardi 20 à 12 h.
L’après midi, Adamou nous remet le nom des élus au comité de gestion du puits de Kirkissoye dont les travaux débuteront le 26 février. Il fait le tour des maisons pour expliquer ce qui va se passer et organise une collecte pour aider au démarrage de la gestion du puits. Nous sommes rassurés pour la suite. Demain ils commencent à apporter le sable.
Dans l’après-midi, encore quelques achats d’artisanat.
Ce soir, rencontre avec les responsables de la ligue de basket de Niamey pour mettre au point la remise officielle du matériel offert par le club de Sainte-Savine lundi prochain.
Dîner avec Harouna, le puisatier. Nous trouvons de nombreuses réponses à nos questions techniques sur les puits. De nouvelles perspectives intéressantes semblent se dégager pour l’association.

 

Mardi 20 février
Deux rendez-vous officiels : le premier avec Daouda Bourema, directeur de l’enseignement de base 2 (collèges) au ministère de l’enseignement secondaire ; le second, avec le 1er vice-président de l’Assemblée nationale (notre photo). Avec nos deux interlocuteurs, nous mettons l’accent sur les immenses possibilités de récolter toute sorte de matériel en France, mais les coûts d’acheminement (10.000 euros par container) nous l’interdisent. L’argent de l’association est pour les puits.
Le dédouanement des marchandises est, apparemment, acquis (10.000 euros de plus). Il se pourrait que le gouvernement, à travers ses 3 ministères de l’Education (base, secondaire et technique) prenne en charge les frais de transport. En effet, si le contenu représente une valeur estimée à 30 ou 40.000 euros, l’Etat semble prêt à en dépenser 10.000 pour récupérer le matériel. Une piste française se dessine également. En effet, une grande maison d’édition fournit chaque année pour 400 millions de Fcfa (600.000 euros) de manuels scolaires à l’Etat nigérien. Une proposition de partenariat pourrait partager les frais.

 

 

Mercredi 21 février
Journée calme. Tentative de prises de contacts avec d’éventuels partenaires, sans succès. Idem concernant la préparation de notre transfert sur Agadez la semaine prochaine : soit bus (épuisant et un peu dangereux), soit 4x4 (pratique mais très cher), soit par les airs (comment faire ?).

Ali étant parti quelques jours à 800 km pour le basket, le rythme va être plus ralenti.

Visite aux tailleurs de pierre de talc pour voir les nouveautés. Ils travaillent désormais à l’abri sous un grand stand. Leurs conditions se sont nettement améliorées.
Nous passons commande à notre ami Chebbou.

Jeudi 22 février
Rencontre exceptionnelle avec Manzo Mamma, griot haoussa de Zinder. Une amie d’une amie nous a donné son nom. Nous recherchons des flûtes traditionnelles à ramener en France. C’est lui qui les fabrique, ainsi que toutes sortes d’instruments de percussions. Les démonstrations se suivent avec bonheur. Merci Manzo. Nos chemins se recroiseront dans l’avenir…

L’après-midi, visite à nos amis peuls, dégustation de thé (achaï), nouvelles des familles, etc.

 

 

Vendredi 23 février
Rendez-vous avec une société de transports internationaux pour un conteneur. Le dossier avance petit à petit. Fanette est restée à la case de passage. Le froid et la poussière ont eu raison de sa gorge.

En soirée, dégustation de petites brochettes sur la terrasse du « Grand Hôtel » devant le coucher de soleil. Un classique pour tout visiteur.

Harouna, le puisatier, passe nous voir à la case pour nous annoncer que les deux puits de Kiota sont terminés. La réception aura lieu mardi, le temps que tout sèche tranquillement et que l’eau, troublée par les travaux, se repose. Il nous donne rendez-vous dès lundi matin pour démarrer Kirkissoye. Durée prévue du chantier : un mois. Coût pour l’association : 810.000 Fcfa (1.235 euros).

Samedi 24 février
Nous passons la matinée chez notre ami touareg Boubacar. Il vit dans une simple case, sans eau, sans électricité. Un nouvel enfant est arrivé depuis l’année dernière. Fati l’allaite. Ils sont toujours aussi gentils. Nous mangeons à l’africaine, assis par terre sur une natte, tous dans le même plat avec une cuillère. Parfois, des moments d’une pauvreté matérielle extrême sont malgré tout d’une richesse humaine extraordinaire.

Le soir, nos amis d’Etran Finatawa donnent un concert dans un petit hôtel-restaurant. Ils nous ont demandé de faire de la pub. Nous y allons à huit. Sacrée soirée en perspective.

 

 

Dimanche 25 février
Journée de repos un peu forcé. Fanette est toujours enrhumée. De plus, notre ami Ali Boubacar rentre en bus de Maradi, à plus de 600 km. Normalement, s’il n’est pas trop « cassé » par le voyage, il doit nous emmener à Karsamba, notre « puits maudit ». Toujours aucune nouvelle du puisatier. En près de trois semaines, nous n’avons pas encore pu le rencontrer. Heureusement que les autres opérations ont bien avancé.

Nous ne savons pas encore quel jour, ni par quel moyen, nous allons partir sur Agadez.
Le travail des pierres de talc progresse. Visite de travail à Chebbou. Les essais de taille de pierre montrent que le travail est très délicat.
Ali vient nous voir à la nuit tombée. Trop tard pour partir à Karsamba. Nous faisons le point sur les derniers jours.



 

Lundi 26 février 2007
Ce matin, mise en route du chantier pour la remise en état du puits de Kirkissoye. Les villageois ont déjà bien travaillé (nettoyage autour du puits, élagage des arbres, sable pour la cimenterie), le comité de gestion est élu et a commencé une collecte pour payer les manœuvres qui travailleront sur le chantier. Nous participons à la destruction des carcasses (rassemblement et mise à feu) et demandons à Harouna notre puisatier s’il est possible de retirer un bidon tombé dans le puits.
Nous sommes rassurés et satisfaits par la tournure que prennent les choses ici.

L’après midi nous retournons à Karsamba. Rien n’est réglé… personne pour y travailler, grosse déception. Ali prend la décision de mesurer la profondeur du puits… qui fait 38 m au lieu des 53 annoncés. Petite consolation, car les problèmes financiers n’existent pas en vérité. Nous allons faire signer un nouveau contrat au puisatier qui nous doit 15 m de fonçage soit environ un quart du prix du puits…Il dit que ses ouvriers l’ont trompé sur le fonçage. Ce n’est pas notre problème, c‘est à lui de trouver une solution.

Le soir, remise officielle des maillots et des ballons de basket à la ligue de Niamey. Merci au club Sainte-Savine basket pour ce coup de pouce. De nouvelles démarches sont envisagées pour en faire bénéficier d’autres clubs du pays.

 

Mardi 27 février
Départ pour Kiota où nous allons réceptionner les deux puits. A notre arrivée, discours officiels, remerciements et remise des deux points d’eau à la population. Belle réussite, bonne collaboration entre notre association, le puisatier et les villageois. Une demande d’aide à la mise en route d’une banque céréalière nous est renouvelée. Le chef du quartier met une case à disposition pour ce projet.

A notre retour nous nous arrêtons dans le village de Margou Béné (même secteur que Kiota) pour un nouveau projet de puits villageois.

Nous rentrons à Niamey vers 17 h sans avoir pu prendre le moindre repas. Salade et « boule » nous ont été offerts à Margou Béné mais préparés avec l’eau du puits traditionnel…donc pas question d’y goûter.

Nous mangerons mieux ce soir !

 



 

 

Mercredi 28 février
Ce matin, c’est calme. Nous en profitons pour rédiger nos derniers rapports, faire le ménage sur internet.
Kimba, le peintre vient nous rendre visite.
Cet après midi, nous avons rendez-vous avec Ali pour partir à Karsamba faire la connaissance des membres du COGES nouvellement élu. Une fois de plus, ce chantier est maudit, car Ali a crevé huit fois en peu de jours et ne veut pas prendre le risque de rouler sur les pistes. Son mécanicien change les quatre pneus. Pas de véhicule disponible, pas de voyage possible : le manque d’un bon véhicule se fait vraiment sentir !
Nous en profitons pour faire le point sur nos différentes actions. Pas de quoi rougir, sinon de plaisir !

Le soir, dîner spécial agrémenté de danses peules, rien que pour l’anniversaire de Fanette ! Elle en est toute retournée ! Magnifique !

Jeudi 1er mars
Nous rencontrons nos adhérents nigériens et faisons le point sur les réalisations 2006/2007. Nous essayons de dégager des solutions pour que l’ASSOFRANI-Niger ait les moyens de fonctionner et soit autonome financièrement. Nous leur demandons de déposer des statuts pour reconnaissance de l’association au Niger. Une assemblée générale aura lieu la semaine prochaine.

L’après midi nous devons rencontrer le puisatier de Karsamba pour lui faire signer un nouveau contrat. Devant son retard, seul Ali le rencontrera à son bureau. Il signe sans contester. Une épine de moins dans le pied. Le puisatier s’engage à aller jusqu’à l’eau sans nouveau surcoût et il s’arrange avec les villageois concernant leur participation. Pour nous, à part le suivi du chantier par nos adhérents pour s’assurer que cela va jusqu’au bout, le dossier est bouclé.

 

 

Vendredi 2 mars
Aujourd’hui, dernier jour à Niamey. Visite sur le chantier de Kirkissoye pour dire au revoir aux villageois, leur souhaiter bon courage et bonne chance pour les travaux. Nous en profitons pour faire signer au président du COGES une convention de partenariat pour la réhabilitation de leur puits.

Le reste de la journée sera pour faire nos derniers achats, les démarches à la SNTV pour notre transfert vers Agadez demain, dire au revoir à tous les amis de château 1 et préparer nos bagages.

La nuit va être courte, rendez-vous à la gare routière demain matin à 3h30.


Samedi 3 mars
Lever à 2 h 15 du matin pour la journée transfert vers Agadez. Départ à 4 h. Durée du voyage en bus : 11 h 30, dont une heure en « hors piste ». Une des rares routes goudronnées du Niger est en effet pleine de trous depuis des années. Certains cratères font jusqu’à deux mètres de large ou plus et profond d’une vingtaine de centimètres. Nous n’avons pas trouvé d’autres moyen de transport dans nos moyens. Tant pis ! Nous avons quitté nos amis de Niamey, le cœur de plus en plus lourd…

A Agadez, Bakri nous attend et nous amène chez lui.
Bakri est adhérent de l’ASSOFRANI et, en même temps, président d’une association nigérienne, l’AACP (association action contre la pauvreté). Nous avons deux chantiers en route avec lui : un puits dans le campement touareg de Térazar, à une dizaine de kilomètres en direction du Ténéré ; autre projet, la réalisation de lettrines pour l’école et le centre de santé d’Abalama, à 80 km au sud, sur le goudron qui mène à Zinder.
L’arrivée est un vrai soulagement.



 

Dimanche 4 mars
Nous allons sur le chantier de Térazar. Les travaux avançaient bien jusqu’à une roche très dure (quartz). 2 mètres seulement de gagnés en trois semaines, au lieu d’un mètre par jour en temps normal. Déjà trois barres à mines de cassées par les ouvriers. Pour affaiblir la roche, ils brûlent des pneus, puis arrosent d’eau froide. Le choc thermique provoque des fissures. Normalement, après la roche, une petite couche de terre grasse doit encore nous séparer de l’eau. Un spécialiste de l’hydrolique venu sur le chantier a assuré que l’eau y serait abondante, mais il faut casser cette couche rocheuse !

Visite, ensuite, du jardin de Bakri. Quatre hectares plantés d’arbres fruitiers, de légumes, épices, blé… Impressionnant ce que l’on arrive à faire pousser lorsque l’eau est là. Surprenant et encourageant pour nos démarches. La solution est bien d’améliorer l’accès à l’eau pour toutes les populations du Niger.

 

 

Lundi 5 mars
2 h passées dans les cybercafés d’Agadez pour réussir à envoyer notre semaine 4! Quelques achats, sinon nous nous reposons chez Bakri. Cela fait du bien de flâner un peu.

En fin d’après midi, nous allons sur la terrasse de l’auberge Abalama de Bakri. Nous y admirons le paysage et le coucher de soleil. De là, nous pouvons voir le massif de l’Aïr, les falaises de Tiguidit et le départ vers le Ténéré. Nous assistons au chargement du matériel pour la construction des lattrines à Abalama. La population a déjà préparé un trou profond de 4m. Demain matin le maçon part à 6 h et emploiera des manœuvres sur place pour aider à la construction. C’est ce qui était prévu dans le contrat de partenariat.

 

Mardi 6 mars
Ce matin, nous allons à la banque pour un dernier change et achetons du matériel scolaire pour l’école d’Abalama ainsi que de la corde à sauter… Il faut bien que ces enfants jouent aussi. Fanette a aussi prévu pour eux quelques jeux éducatifs pour le CI (maternelle), des ballons achetés en France. Nous serons heureux de revoir ces enfants qui nous ont tant émus l’an dernier ainsi que les enseignants.

Une bonne partie de l’après midi est passée à la préparation de notre retour, prévu lundi prochain… déjà !

Que le temps passe vite.

 

 

 

Mercredi 7 mars
Le matin, rencontre avec deux responsables de l’ONG HED Tamat. Nous faisons le point des différentes actions en cours et leur expliquons ce que nous attendons d’eux : campagne de sensibilisation autour des potagers à Karsamba,aide à la mise en place du COGES et à son fonctionnement, sensibilisation sur les questions d’hygiène à Kirkissoye, partenariat avec les groupements de Kiota pour la mise en place d’une banque céréalière, devis pour terminer un puits dans le secteur d’Iferouane (nord du massif de l’Aïr)…

L’après-midi, nous retournons sur le chantier du puits (toujours le caillou) et allons discuter et boire le thé avec les touaregs du campement.

Jeudi 8 mars
Nous partons jusqu’à demain soir sur le secteur d’Abalama, à 80 km au sud d’Agadez. Plein de choses à y voir et à y faire. Il y a 18 mois, après la famine, nous avons offert 300 chèvres à 60 familles avec l’association de notre ami Bakri l’AACP. En moyenne, le cheptel a doublé, voire plus. Les familles rencontrées ont aujourd’hui entre 8 et 14 bêtes pour 5 données. Opération réussie.

Visite du chantier des lattrines pour l’école et le centre de santé d’Abalama. Les travaux ont démarré il y a deux jours et doivent durer une semaine. A notre arrivée, les élèves, les enseignants et les parents nous en remercient.

L’après-midi, visite d’une dizaine de puits pastoraux traditionnels. Certains n’ont même pas de margelle et sont dangereux pour les humains (risques de chutes). Un dossier global sera monté pour réhabiliter entre 15 et 20 puits sur la zone. Une sortie très instructive.

Coucher de soleil magnifique sur le village. Nous dormons à la belle étoile ou plutôt aux belles étoiles (il y en a partout), sous la lune toute brillante. La nuit est très longue (les nombreux thés touaregs sont efficaces) et froide.



 



 

Vendredi 9 mars
Lever de soleil à 5h30 aussi magnifique que le coucher d’hier soir. Vivre à Abalama est encore totalement différent de la vie à Niamey ou Agadez.
Le matin, rencontre avec les enseignants et les élèves de l’école d’Abalama. Remise de matériel scolaire, de manuels et de livres pour la bibliothèque. Visite du maire qui nous parle des autres villages qui composent sa commune. Le vent s’est levé, turban conseillé.
Passage au centre de santé. Visite des installations rudimentaires mais indispensables. Nous remettons les médicaments qui nous restent à l’infirmière.
En début d’après-midi, dernière visite au chantier des lattrines. Dans 48 heures, tout sera terminé. Encore une opération réussie.
Sur la route du retour, nous nous arrêtons à Tiguidit pour rencontrer le chef du village. Nous reparlons des chèvres, des besoins en sons et fleurs de coton pour les nourrir en période de soudure (avril-mai), de l’école et d’un puits en construction. Là aussi, la barre à mine taille dans la pierre…
Retour à Agadez fatigués et sales, mais tellement plus riches. Merci à tous.

Samedi 10 mars
Hawa et Adoala Effartay, deux des femmes touarègues qui nous ont offert une si belle fête l’an passé viennent nous visiter chez Bakri. Après avoir visionné le film de cette fête, nous partons avec elles dans leur campement à Térazar (c’est en fait Téghazatt).
Adoala nous emmène dans son champ qui est en fait une parcelle vide et nous dit qu’elle nous en fait cadeau ! L’an prochain nous irons planter notre tente touarègue là-bas ?
Nous aimons vivre ces moments simples mais riches en relations humaines avec eux, nous partageons le thé, parlons de leur projet de jardinage et partons visiter ce jardin collectif où il y a deux puits cimentés. Il ne leur manque plus qu’un petit coup de pouce pour que ce projet démarre.
Les femmes nous expliquent qu’elles ne peuvent pas nous jouer du tendé cette fois-ci, car le chef du campement est malade. Ce sera pour l’an prochain.
Nous revenons avec des tomates et des oignons qui nous serons offerts, des tazas, sortes de haricots tombés d’un arbre pour les chèvres et des izigarens pour Bakri.
Passage au puits, où il y a de l’espoir… une couche humide a été traversée et une nouvelle couche rocheuse mais qui se creuse bien est atteinte.




 



 

Dimanche 11 mars
Dernier jour déjà ! Que le temps passe vite !
Nous retournons au jardin de Bakri à Indoudou pour y planter un pamplemoussier de Timia pour Fanette. Nous admirons à nouveau ce magnifique jardin où tout est bien organisé. Nous constatons à quelle vitesse tout pousse ici : en une semaine les manguiers se sont couverts de petites mangues ! Zoreille prépare le trou pour planter le petit arbre.
Nous traversons différents villages, nous constatons que les paysages varient vite aussi, passant d’un endroit verdoyant avec palmiers, jardins à un désert de cailloux.
Maintenant, il faut faire les bagages car demain nous rentrons en France. Nous sommes très satisfaits par ce séjour où nos projets ont bien avancé, sont même réalisés. Suite aux rencontres que nous avons faites, nous nous rendons compte que nous sommes dans le vrai en favorisant l’accès à l’eau des populations et que l’eau c’est vraiment la vie.
Nous rentrons avec de nouveaux projets. Il va falloir se mettre au travail et trouver de nouveaux financements car Kirkissoye n’est pas payé et Téghazatt va coûter plus cher que prévu (à cause de la roche qui a retardé le chantier d’au moins un mois).

Epilogue
Merci à tous nos amis africains sans lesquels nos efforts seraient vains et notre séjour si terne :
Ali Boubacar, Almoustapha, Aldo et la Ligue de basket de Niamey, Ali Souley, Harouna, Adamou, Ama, Boubacar, Ghissa, Rhidouane, Sidra, Omar, Rouda, Séfou, Chebbou, Aghali, Alphonse, Elise et leur enfants Mathieu, Vincent et Clémentine, les villageois de Mélé Haoussa, ceux de Kirkissoye et Kiota, Ortoudo, Ali, Bamo et toute l’équipe d’Etran Finatawa, Mohamed, « Monsieur Ada » et les boutiquiers de Château 1, l’équipe du CASEC de Talladjé, Bakri, Halima, Hassan, Ahmed et « papynoche », Mouhamed, Douhane, Moussa, Zoreille
ainsi que celles et ceux qui travaillent sur les différents chantiers.
Que les oubliés nous pardonnent… Vous êtes tous dans nos cœurs !

Bon courage aux « petits blancs » qui restent sur place, chacun dans son domaine : Laurent, Nathalie, Hervé, Edith, Juliette, l’équipe du CERMES dont « la courte » Gaëlle…
Continuez d’aider ce pays et ses habitants comme ils le méritent. Nous reviendrons !