Du 6 février au 10 mars
le Blog de Pascal et Fanette pour l'



ASsociation de SOlidarité FRanco-NIgérienne

En direct du Niger


Lundi 6 février

Nous partons seulement avec 60 kilos de bagages. Nous nous y sommes pris un peu tard cette année. Nous avons tout de même dans nos bagages des vêtements, des revues scientifiques pour enfants, quelques médicaments, des magazines pour enfants, quelques jeux, des CD-Rom éducatifs...
Notre avion a atterri vers 14 h, heure locale, comme en France. Il fait entre 35 et 40°C. Ajouté à la fatigue, cela pèse. Ali Boubacar, président au Niger de l'Assofrani nous accueille.
Nous retrouvons la case de passage gérée par l'association des coopérants français, située dans le quartier Château 1. Dans l'après-midi, déjà plusieurs amis viennent nous rendre visite.

 

Mardi 7 février

Après une première douche froide, reprenons nos habitudes, le reste de la matinée se passe en nouvelles visites.
Ce midi, nous sommes invités à manger chez Rouda. Nous ne connaissions pas sa femme traditionnelle jusqu'à maintenant, . Chez les peuls, lorsqu'une femme va accoucher, elle repart au village pendant près de deux ans pour commencer à élever son enfant. Nous découvrons donc en arrivant son fils Bello. Avant d'arriver en taxi chez Rouda, la rue est barrée par une grande tente montée pour un baptême. Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre et un orchestre qui joue plus fort que la sono ne devrait pouvoir le faire. Tout le quartier en profite !
Petite sieste à la case avant d'aller vers le petit marché changer de l'argent et faire des courses chez Haddad, l'un des deux "supermarchés" de la capitale, l'équivalent d'une grosse supérette de quartier en France.
Le soir, nous allons manger chez Rhidouane. C'est la fin de la 1/2 finale de la Coupe d'afrique de foot, Egypte contre Sénégal. Par solidarité francophone, tout le monde soutient le Sénégal. Raté ! L'Egypte se qualifie et rencontrera la Côte d'Ivoire en finale.

 

Mercredi 8 février

Ce matin, premier passage dans les petites boutiques d'artisanat de Château 1. Nos amis commerçants attendent de nous que nous achetions beaucoup et à tout le monde. Surtout dans leur boutique personnelle. Même avec des articles identiques, chacun comprend que le voisin doit aussi nourrir sa famille. Chaque achat nécessite un marchandage, quelquefois ardu. Il est arrivé que pour un objet apparemment sans valeur, le prix de départ soit de 40.000 FCFA (60 euros) et le prix d'arrivée... 2.500 FCFA (moins de 4 euros) ! Et même à ce prix là, ils sont gagnants.
Ce soir, nous dinons chez notre ami touareg Boubacar. Il a été expulsé de son ancien "squat" pour occuper un autre carré, sans eau, sans électricité, sans toilettes. En cas de besoin, il faut aller dans la brousse... Nous mangeons par terre, comme d'habitude. Dans sa case, les lits du couple et de leurs 4 enfants. Dehors, un abri couvert en paille. Ce soir, il fait bon, nous sommes à la belle étoile, en plein Niamey... Nous parlons de notre projet de puits à Karsamba, village où Boubacar irait s'installer s'il y avait de l'eau toute l'année.

 

Jeudi 9 février

Ali Souley, un ami adhérent vient nous chercher vers 11 h pour nous montrer son école. Impressionnant.
3 classes en dur sont déjà ouvertes, dont l'une avec 3 ordinateurs. Il souhaite ne pas dépasser 30 élèves par classe. Un exploit au Niger où il se trouve des classes de 50 ou 80 élèves, même plus parfois. Dans la cour, un jardin potager. Tomates, maïs, choux etc. Une belle réussite. Les enfants apprennent à jardiner et les produits sont vendus au personnel de l'école et aux parents d'élèves.
En début d'après-midi, réunion avec Ali Boubacar, ainsi que le trésorier. Nous faisons un point des questions qui seront abordées lors d'une réunion officielle avec nos amis nigériens samedi la semaine prochaine. L'idée de préparer une animation en faveur de l'association prend corps. Dans 2 semaines, un match de foot et un match de basket pourraient être organisés au profit du puits de Karsamba au stade municipal. Ali Boubacar est l'un des responsables nationaux du basket et Moussa Almustapha, lui aussi adhérent, est arbitre international de foot. Cela avance.
Juste avant le diner, Seffou vient nous avertir qu'Etran Finatawa, un groupe de musiciens peuls et touaregs, dont son frère, se produisent au Grand Hôtel. Nous sautons dans un taxi pour les revoir. Les retrouvailles sont très chaleureuses.

 

Vendredi 10 février

Nous allons revoir Ismaël, un adhérent appartenant aussi à HED Tamat, l'ONG nigérienne qui nous sert de relais sur place pendant notre absence. Bonnes nouvelles. La banque céréalière de Mellé Haoussa est bien terminée et la formation de la gérante est réussie. Nous allons pouvoir acheter le 1er stock de céréales pour son démarrage, environ 7 tonnes de mil, riz, sorgho (à décider samedi en réunion).
Nous demandons à Ismaël de repartir en France avec au minimum trois projets:
- un projet de 15 puits pastoraux dans la région nord de Filingué afin de déposer un dossier au fond d'aide aux développement, ou à l'agence de bassin Seine-Normandie ;
- deux projets de puits villageois, villages à définir selon besoins plus urgents... dur dur car tout est urgent ici !

Le midi, arrivée des 3 adhérents du Musée car Ali a obtenu un devis pour les céréales. Cela rentre dans nos possibilités. Nous déjeunons à la bonne franquette tous les 5 en regardant sur l'ordinateur portable des photos de nos actions ici et en France, ainsi que des petites vidéos de la vie quotidienne auboise. Evidemment, cela pose question, notamment l'agriculture, les récentes gelées, etc.
17h30, départ pour l'école d'Ali où nous retrouvons le directeur. Cadeau d'un jeu éducatif, crayons de couleurs et magazines pour enfants.Il nous donne une liste de ce qui pourrait leur être utile. Nous établissons une plus petite liste de produits manquants cruellement aux élèves. Nous irons les acheter en début de semaine prochaine avec Ali.

 

Samedi 11 février

Nous partons en week-end à Ayorou, à l'ouest du Niger, une jolie petite ville au bord du fleuve Niger où l'on peut approcher des hippopotames. Situé près des frontières maliennes et béninoises, Ayorou attire de nombreuses ethnies à son marché du dimanche.
En chemin, arrêt à Mélé Haoussa pour fixer un rendez-vous avec la population demain à notre retour.
Une fois installés dans le seul hôtel, promenade en pirogue pour voir les hippos. La vie du fleuve est très riche. Allées venues incessants de pirogues avec des marchandises, des personnes ou des animaux. Coucher de soleil magnifique.
Dimanche 12 février

Nous retrouvons avec plaisir toutes les facettes du marché et de la vie autour du fleuve. Certains s'y baignent, d'autres s'y lavent, d'autres lavent le linge. Enfin, des enfants viennent avec une citerne sur des charettes faire le plein d'eau pour ramener à leur case. Certains viennent de très loin.
Dans l'après-midi, arrêt comme prévu à Mélé Haoussa. Plus de 100 personnes nous entourent, dont le chef, les responsables du comité de gestion de la banque céréalière et sa gérante, le chef maçon et les villageois qui ont participé aux travaux. Un moment de grande émotion. Tout est prêt. Il ne manque que les sacs de céréales pour se nourir pendant la période de soudure, d'avril à septembre.

 

 


Lundi 13 février

Aujourd'hui, nous avons travaillé avec Mansour Mantouri du PASEL, le programme d'aide au service de l'élevage de la Coopération suisse. Il s'occupe notamment de la zone pastorale au Nord de Filingué, près de la frontière malienne. Les puits pastoraux existants sont insuffisants devant l'afflux de population ces dernières années et, souvent, en mauvais état. Ils datent de 1970 environ. Nous recueillons des éléments pour constituer un gros dossier d'une dizaine de nouveaux puits. Coût prévisionnel : 300.000 euros + les aménagements de surface...

Mardi 14 février

Nous avons trouvé des vrais ballons de foot pour les élèves de l'école d'Ali. Nous les ajoutons aux cahiers, stylos et autres fournitures scolaires que nous avons pour les trois classes. En achetant sur place, nous évitons d'avoir des kilos à trimbaler dans l'avion et cela fait vivre l'économie locale.
La classe de CE1 veut établir une correspondance avec une classe de France. Ce sera la classe CP de Caroline à l'école du Parc où Fanette intervient bénévolement chaque vendredi. Peut-être l'exemple fera tache d'huile. Photo de groupe pour transmettre à Sainte-Savine. Les échanges pourront se faire par courrier, par fax ou par mail.

 

 


Mercredi 15 février

Après avoir travaillé toute la matinée avec Ismaël sur les projets en cours (livraison des céréales à Mellé Haoussa et démarrage des travaux du puits de Karsamba la semaine prochaine), nous allons le soir chez Seffou, un ami peul. Il habite avec son frère Bamo, leurs femmes et enfants dans une maison de 2 pièces sans eau, ni électricité. C'est nettement mieux que l'année dernière où ils vivaient encore sous une case en paille.
Nous mangeons ensemble par terre avec les amis, ceux qui habitent là et ceux de passage. Une bonne soirée sauf lorsque nous parlons des dégats humains de la famine de l'été dernier.

Jeudi 16 février

Visite d'un nouveau village, Kiota, à une heure et demie de route de Niamey. Les habitants nous demandent trois puits d'eau potable. Ici, l'eau "natronnée" (très chargée en bicarbonate) est impropre à la consommation et limite la culture principalement à l'oignon et au choux. Les potagers existants sont magnifiques et les femmes bien organisées (un groupement par quartier).
Le village s'étend en plusieurs parties à la suite d'une inondation en 2000. Du coup, certains sont très excentrés. Après une visite d'une heure sous le soleil, discussions avec les femmes, les vieux et le représentant du chef de village. Ils souhaitent également une banque céréalière et un moulin pour moudre le maïs, le mil, etc. Nous ne pourrons pas tout faire. A voir avec nos adhérents en France selon les moyens financiers à notre disposition.

 

 

 

Vendredi 17 février

Repos forcé pour Pascal, victime d'un début d'insolation hier. Fanette en profite pour rédiger différents rapports, dont celui de notre visite à Kiota.

Samedi 18 février

Réunion "ASSOFRANI" avec nos adhérents nigériens, 12 présents sur les 16 adhérents de Niamey et 4 excusés étant pris par le travail. Nous rencontrons quelques nouvelles personnes. Point sur nos actions en France, leurs actions au Niger, les projets en cours et à venir. Il reste juste une semaine pour préparer de A à Z la manifestation autour du sport solidaire. Le but est de faire connaître l'association au Niger, mais aussi si possible, de récolter des fonds pour financer des opérations. Un tour de table permet de dégager une liste de personnalités ou entreprises susceptibles de donner un coup de pouce.

 

 



Dimanche 19 février

C'est au tour de Fanette de ne pas être bien. Repos à la case jusque dans l'après-midi où nous assistons à un concert de nos amis d'Etran Finatawa.

Lundi 20 février

Nous allons au musée, à l'école de batiks, pour rencontrer les étudiants et leur montrer les photos et images de l'an dernier. L'après-midi, travail avec nos adhérents nigériens pour préparer le match de basket solidaire qui aura lieu samedi.

 

 

 

Mardi 21 février

Lever matinal pour charger les 70 sacs de céréales (mil, maïs, haricots et riz) destinés à la banque céréalière de Mellé Haoussa dont nous avons financé la remise en état l'année dernière. Au total, ce sont 6,5 tonnes qui composent le stock de lancement. Nous arrivons avec trois heures de retard sur l'horaire prévu (c'est l'Afrique). Le Préfet de région et le maire ont été obligés de partir, mais la population est là avec le comité de gestion de la banque. Cette livraison est un exemple concret du résultat de nos opérations en France durant l'année écoulée. Cela fait chaud au coeur.

 

Mercredi 22 février

L'après-midi, nous rendons visite aux responsables et aux enfants du CASEC (Centre associatif socio-éducatif et culturel) de Talladje. Nous les retrouvons depuis trois ans et nous voyons les jeux de société qui ont été achetés avec le don du Centre de loisirs des Vassaules. Amusement des enfants et aussi des grands, notamment pour reconstituer un puzzle des régions de France.

 

 

 

Jeudi 23 février

Nous sortons des studios de RTT, Radio Télévision Ténéré où Fanette est allé enregistrer une interview pour le basket. Ensuite, rendez-vous chez le premier vice-président de l'Assemblée nationale, M.Issaka Diegoulé Hassane. Il est le député du secteur de Mellé Haoussa. Nous lui présentons l'ASSOFRANI. C'est la première fois que nous rencontrons un personnage aussi haut placé. L'échange est chaleureux et notre association va commencer à être connue et reconnue au Niger.

Vendredi 24 février

Lever de bonne humeur pour lancer un nouveau chantier, le puits de Karsamba. Durée prévue des travaux : 6 à 8 semaines pour un puits de 30 à 35 mètres. Participation financière de l'ASSOFRANI, 3.380.350 F CFA (environ 5.150 euros) sur un total de 3.855.350 F CFA, le reste étant pris en charge par les villageois en main d'oeuvre gratuite et en apport de produits de base (sable, graviers...). Pour l'instant, Karsamba, ce n'est rien qu'un nom. Avec le puits, une vingtaine de familles devrait s'installer de manière définitive. Un paysan qui passait par là nous dit mettre deux heures pour chercher de l'eau. Il ne mettra plus que quinze minutes. A méditer...

 

 

Samedi 25 février

C'est le jour du match de basket solidaire. Nous sommes un peu inquiets du résultat. Passage le matin dans une émission sportive radiophonique d'ampleur nationale. Lorsque le match commence, environ 200 spectateurs sont présents. Opération réussie. L'ASSOFRANI existe réellement au Niger. RTT et quatre radios ont couvert l'événement. Les collégiennes de Mariama ont gagné 33 à 5 contre une équipe composée d'élèves de Sonni et Excellence. Bénéfices du match : 23.750 F CFA, soit un peu plus de 35 euros !
Dimanche 26 février

Un peu de repos après une semaine épuisante à courir dans tous les sens. Derniers achats d'artisanat, notamment chez des forgerons (fabricants de bijoux) touaregs.

 

 

Lundi 27 février

Dernier jour à Niamey, dernière visite de puits pour monter un nouveau dossier. Sur la rive droite du fleuve, dans le quartier de Kirkissoye, un puits nécessite un aménagement car lors de la saison des pluies, le ruissellement de l'eau traverse un cimetière d'animaux en décomposition avant de terminer... dans ce puits, entraînant toutes sortes maladies.

Mardi 28 février

Mardi 28 février
Problème de véhicule, notre départ pour Agadez est reporté de 24 h. Nous en profitons pour flaner au bord du fleuve, admirer les laveurs de linge, les pêcheurs, les paysans, etc. C'est en fait notre 1ère journée sans rendez-vous, réunion, visite. Cela fait du bien !

 


Mercredi 1er mars

Lever vers 5 heures pour un démarrage de nuit peu après 6 h. Il fait "frais" ce matin. Un petit vent agréable nous attend à la sortie de la case de passage. La température n'est que de... 25°C. Elle montera jusqu'à 46°C dans la journée à l'extérieur et seulement... 37°C dans le 4x4 grâce à la clim. Arrivée à Agadez de nuit peu avant 19 h 30. Nous sommes épuisés bien que n'ayant rien fait d'autre que de se laisser conduire pendant tout ce temps.

Jeudi 2 mars

Un peu de repos ce matin n'est pas superflu. Lecture pour Pascal, rapports de missions et journal de bord pour Fanette.
A midi, nous allons manger dans un petit restaurant et découvrir la cuisine locale, du mouton targuit, mouton cuit à l'étouffée, sans graisse, avec des épices de la montagne. C'est très bon.
Il fait déjà très chaud, beaucoup trop chaud pour sortir. Nous attendrons la fin de l'après midi pour aller faire un tour dans la ville. Nous y retrouverons nos amis peulhs de la famille de Karfa dans leur petite boutique.

 

 

 

Vendredi 3 mars

Avant 9 heures du matin, le soleil tape déjà fort. La journée s'annonce très chaude. Prise de contacts avec nos adhérents d'ASSOFRANI et les responsables d'HED Tamat, une association relais. Au sud d'Agadez, sur la zone d'Abalama, nous travaillons avec l'AACP (Association action contre la pauvreté). C'est eux qui se sont chargés de l'achat et de la distribution des 300 chèvres à des familles qui avaient tout perdu en septembre dernier.

Samedi 4 mars

Coupure de courant dans le quartier pendant 24 heures.
Nous sommes reçus au siège de l'AACP et rencontrons plusieurs responsables dont Douane (photo), le trésorier. Explications sur le village d'Abalama où nous irons la semaine prochaine.

 

 

Dimanche 5 mars

Aujourd'hui, c'est coupure d'eau. Décidément, Agadez a vraiment des problèmes de tout ordre.
Après avoir acheté un sac de mil et un sac de riz, nous allons passer la soirée à Torazar Wachera, un campement touareg à 12 km d'Agadez, sans eau, pour monter un nouveau dossier de puits concernant une centaine de personnes. Actuellement, il faut trois à quatre heures à dos d'âne pour aller chercher de l'eau. Jardinage impossible. Leurs seules ressources : fromage de chèvres et élevage.

 

Lundi 6 mars

Nous sommes retournés dans le campement touareg de Térazar. Découverte de l'école encore non officielle. Nous achetons du petit matériel selon les besoins exprimés par l'enseignant. Visite de jardins maraîchers alimentés par un puits muni d'une moto-pompe et un autre pour lequel c'est un zébu ou un chameau qui remonte les outres d'eau. Des canaux d'irriguation couvrent l'ensemble des cultures. Visite de puits pour les habitants ou pour les animaux.
En fin d'après-midi, les villageois nous font la fête : course de chameaux, femmes dans leurs tenues d'apparat montées sur des ânes parées de toutes les couleurs, chants et danses traditionnels touaregs avec percussions (tende, tambour d'eau). Les youyous résonnent encore dans la tête. Impressionnant, émouvant et irréel.

 

 

 

 

Mardi 7 mars

Nous partons en visite à Abalama où nous avons offert 300 chèvres il y a six mois. Petit détour en passant pour découvrir un cimetière de dinosaures. Le Niger est très riche en ce domaine ainsi qu'en gravures rupestres. Malheureusement leur mise en valeur, notamment touristique reste primaire. L'accès reste très difficile. Même en 4x4, c'est parfois limite. Evidemment, aucune pancarte pour indiquer la direction à prendre.
Ensuite, panne de 4x4 dans le désert. Nous nous en sortirons grâce aux talents de mécano d'Hassan, notre chauffeur et à l'aide des villageois de Tadébène qui nous font des signaux lumineux pour nous guider dans la nuit.
Pendant que nous dinons dehors avec des touaregs du village, à l'africaine, le vent se lève. C'est l'Harmattan. La température baisse et cela va souffler toute la nuit. Nous essayons de trouver un coin à l'abri du vent, mais la nuit sera très très longue à cause du bruit et du froid...

 

Mercredi 8 mars

Lever avant le soleil. Nous discutons avec l'infirmier du centre de santé pour évaluer les besoins en matériel et en formation.
Le vent est toujours de la fête. Cela va durer toute la journée. La visibilité est tès faible. Parfois, nous ne voyons plus la piste à suivre à cause des rafales de vent et de sable. Même les vitres fermées, le sable s'incruste partout, même sous les dents... Nous arrivons enfin à Abalama. Le village semble abandonné. En fait, tout le monde est cloitré dans sa maison en attendant que la tempête de sable cesse. Seuls les enfants sont présents dans l'école avec leurs enseignants. La visite du village est écourtée. Impossible de voir les chèvres parties se mettre à l'abri, on ne sait où. L'école en a été dotée de 15 et d'autres familles en ont bénéficié également. Distribution de matériel scolaire et de médicaments pour la case de santé.
Sur la route du retour, arrêt à Tiguidit, l'un des villages de l'opération "chèvres". 10 familles ont perçu 5 chèvres chacune. Six mois plus tard, certaines chèvres ayant mis bas, on compte 80 bêtes dans le village. Le chef nous remercie, notamment au nom des enfants qui ont pu boire du lait.
Retour à Agadez, poussiéreux et fatigués...


 

 

 

Jeudi 9 mars

Malgré une bonne douche hier soir, nous sentons encore les grains de sable dans nos poumons, entre les dents... Journée de presque repos. Le matin, rendez-vous avec l'ONG HED Tamat dont le siège est à Agadez. Ni le président, ni son adjoint ne sont présents. Nous listons les questions que nous souhaitons éclaircir avec le représentant de permanence.
Ca y est. Nous connaissons l'heure de retour à Paris samedi soir, sans savoir s'il s'agit d'Orly ou de Roissy. Pas pratique pour celui qui vient nous chercher. Nous tentons aussi de contacter deux organismes de voyage : "Point Afrique" et "GO voyages" pour leur proposer des partenariats avec l'ASSOFRANI pour les semaines ou les mois à venir. A suivre...
Dernières sorties à Agadez.

Vendredi 10 mars

C'est notre dernier jour. Le moral est plutôt à la baisse. Nous allons retrouver le froid et tous les problèmes de notre société dite "civilisée". La vie est beaucoup plus pauvre mais tellement plus simple et saine au Niger...
Encore une fois, nous n'avons pas eu le temps de faire tout ce que l'on voulait, de voir tous ceux que l'on souhaitait.
Malgré cela, le bilan de notre mission 2006 est largement positif, tant du point de vue des actions engagées que de l'implantation et de la promotion de l'association sur place.
Merci à tous ceux qui nous ont accueilli, aidé, renseigné, donné un coup de main pour que les nigériens vivent un peu mieux.
A bientôt.

 

 

Samedi 11 mars

Le matin, enregistrement des bagages à partir de 10h30. Nous quittons avec regret Agadez et son célèbre minaret avec une seule attente, celle de revenir le plus tôt possible. Ce n'est évidemment qu'un au revoir.
Dès notre arrivée en France, de nombreuses initiatives nous attendent, manifestations culturelles ou sportives, montage de dossiers pour recherches de partenaires, etc.
Toutes les personnes souhaitant nous rejoindre sont les bienvenues :
ASSOFRANI, association de solidarité Franco-Nigérienne
en France : 1, rue Lamoricière 10300 Sainte-Savine
Tél. 03 25 80 39 69 - mail : assofrani@wanadoo.fr
au Niger : Ali Boubacar, BP 248 Niamey
Tél. 43 54 00 - mail : assofraniger@yahoo.fr
site : www.assofrani.org