du
31 janvier au 27 février
carnets de bord de l'ASsociation de SOlidarité
FRAnco-NIgerienne
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Semaine 1
Départ d’Orly lundi 31 janvier à
21h avec 227 kilos de bagages.

Dans nos cartons, des dizaines de cartables destinés
aux élèves de l’école de Kongou
Ganda, dans la brousse, à une quinzaine de kilomètres
de la capitale, Niamey.
Pour s’y rendre, une piste en sable. 4x4 obligatoire.
Une première livraison de cartables récupérés
dans les écoles saviniennes avec le concours de
la Ville de
Sainte-Savine a eu lieu en avril 2004.
Cette fois encore, grâce aux écoliers, nous
allons faire
des dizaines d’heureux.
En même temps, nous avons récupéré
du petit matériel scolaire ainsi que des manuels
et des livres qui iront remplir les rayons de la bibliothèque
associative du centre de Talladjé, le quartier
le plus populaire de Niamey.
Après un changement d’avion à Marseille
et une attente de deux heures, nous repartons sur Air
Méditerrannée dans un airbus affrêté
par Point-Afrique, la coopérative de voyageurs
qui nous a offert le transport gratuit de 144 kg de cartons.
Sans ce geste, impossible d’acheminer cette solidarité.
Arrivée à Niamey à 5h30, mardi matin.
En ce moment, l’heure est la même qu’en
France. La température est de 25°C. La saison
froide est terminée depuis seulement un jour ou
deux. En journée, le mercure monte à 35°C
environ. T-shirt, bermuda et sandalettes ont pris le relais
des chemises à manches longues, pulls, chaussettes
et autres manteaux. Bien agréable !
C’est
notre 3e séjour au Niger. Rouda et Cheffou, nos
amis peuls (une ethnie d’éleveurs encore
souvent nomades) nous attendent à l’aéroport.
Les retrouvailles sont évidemment très chaleureuses
et émouvantes.
Rouda a quitté sa case en paille pour une maison
en dur dans le quartier de Yantala. En attendant de partir
pour son campement voir un puits « gâté
» (abimé) à réparer, nous vivons
avec sa famille (frères, sœurs, cousins …).
Les apprentissages sont réciproques.
Nous avons tant à apprendre d’eux !
Les premiers jours se passent en retrouvailles avec nos
amis boutiquiers, artisans, peintre et autres de nos connaissances
dans le quartier de Château 1 (numéro du
château d’eau du secteur). Nous
retrouvons nos repères africains, les lieux, les
routes goudronnées et les rues en latérite
rouge.
Nous mettons aussi à profit cette première
semaine pour reprendre contact avec l’ONG nigérienne
HED Tamat (HED pour Homme Environnement Développement
et Tamat du nom de ce petit arbre biscornu qu’on
retrouve partout vers Agadez.
C’est le dernier arbre à pousser dans le
désert).
Hed Tamat nous sert de relais pour nos opérations
sur place. En 2004, ils ont assuré la réalisation
et le suivi de notre premier puits à Ergaway, un
village touareg (autre ethnie nomade) à 85 kms
au nord d’Agadez. Nous devons finaliser avec eux
2 autres opérations pendant notre séjour
: la construction d’une banque céréalière
pour le village de Méllé Haoussa (les haoussas
sont encore une autre ethnie), un village de l’ouest
du pays en allant vers Tillabéry ou le Mali et
1 second puits vers Iférouane, dans le massif de
l’Aïr, un massif montagneux au milieu du désert.
Diverses discussions avec Lémou, un responsable
d’une association d’artisanat et un conseiller
technique laissent présager d’éventuels
échanges économiques à mettre en
place.
A la semaine prochaine.
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Semaine 2
Programme très chargé
cette semaine et très fructueux.
Lundi,
première réunion au ministère de
l’Hydraulique pour commencer à plancher sur
le dossier de la Facilité européenne-eau
.
Non seulement, notre idée a l’air intéressante
mais des partenariats technique et financier se dégagent.
L’objectif est de réaliser plus d’une
centaine d’opérations d’amélioration
de l’accès à l’eau sur 2006,
2007 et 2008.
Plusieurs axes de travail.
1) désalinisation de puits à natronés
(genre de bicarbonate) dans la région de Baleyara,
au nord de Niamey dont le but est de la rendre consommable
par la population.
1bis) Toujours dans le même secteur, tenter de développer
des pépinières, les arbres s’accommodant
de l’eau salée. Objectif : développer
une autre activité économique dans le secteur
et lutter contre l’avancée du désert
en plantant.
2) Dans le centre du pays, vers Tahoua, aménagement
de puits pastoraux existants. Certains doivent être
réparés car ils sont gâtés
et tous nécessitent des améliorations. Par
exemple, l’aménagement d’abreuvoirs
déportés de sorte que les troupeaux ne s’approchent
pas du puits et lui amènent des germes.
3) Dans le massif de l’Aïr, entre Agadez et
Iferouane, réalisation de nombreux puits villageois
ou maraîchers pour permettre d’accéder
plus facilement l’eau et développer l’économie
locale. La pomme de terre et l’oignon d’Agadez
sont réputés au-delà des frontières
nigériennes.
Lundi
soir, livraison de deux cartons de livres au centre associatif
de Talladjé à Niamey.
Il s’y passe de l’aide aux devoirs, de l’alphabétisation,
des cours de formation en informatique, couture, etc pour
adultes et bibliothèque bien achalandée
pour le pays. C’est notre deuxième livraison.
Du coup, le Centre, en tant qu’organisation, a exprimé
le souhait d’adhérer collectivement. 11 personnes
de plus au Niger.
Mardi midi, rencontre avec les habitants
de Mellé Haoussa pour la construction de la banque
céréalière. Le chef, malade, est
absent. Nous réunissons tout de même plus
de 50 personnes, surtout des femmes, avec le représentant
du chef du village. Celui-ci nous annonce que le chef
a décidé d’offrir une vieille case
en banco (terre) inemployée au collectif villageois
pour la transformer en banque céréalière.
Cela ne change rien quant à notre participation
reposant sur le crépi, la toiture, l’aménagement
intérieur, les abords extérieurs, les huisseries
;
Rendez-vous est pris pour jeudi prochain afin d’élire
les responsables de la gestion de la banque céréalière.
Les travaux commencent sans attendre.
Nous profitons de notre visite pour rencontrer les enseignants
de l’école du village, 1 classe en dur, 2
en paille. Nous décidons de leur apporter du petit
matériel à notre prochaine visite.
Mercredi,
livraison de 80 ardoises et six boîtes de craie
à l’école communautaire du quartier
case allemande. Opération réalisée
avec le concours des élèves de la classe
de Michèle Blaise de l’école Paul
Bert de la Chapelle st Luc.
Jeudi, rencontre avec un interprète-conférencier
nigérien connaissant toutes les personnes plus
ou moins influentes dans le pays. Il exprime le désir
de nous apporter son soutien. Sous quelle forme ? A suivre.
Vendredi, 1ère rencontre avec Emmanuel
Poilâne, responsable au Niger de l’AFVP, l’Association
Française des Volontaires de Progrès. Présentation
de nos différents projets de la Facilité-eau
et énumération de nos différents
partenaires acquis ou essayer d’associer : Ville
de Sainte-Savine, Reichenbach an der Fils, HED Tamat,
l’AFVP, le Conseil régional Champagne-Ardenne,
la Jeune Chambre Economique de l’Aube, l’ESC
Troyes ainsi que les coopérations suisse ou allemande.
Le dossier avance très vite. Nous commençons
à y voir plus clair et à y croire très
sérieusement.
Le soir, rencontre avec le responsable peul d’une
ONG qui peut intervenir sur les puits pastoraux dans la
région de Tahoua. D’autres contacts sont
à venir.
Le week-end, achat d’artisanat pour l’association
et un peu de repos. Nous sommes en vacances, après
tout !
Samedi soir, dégustation de petites brochettes
avec des amis nigériens sur la terrasse du Grand
Hôtel pour admirer le coucher de soleil (s’il
n’y a pas trop de vent de sable) sur le fleuve Niger.
A la semaine prochaine.
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Semaine 3
La température a un peu baissé
pendant quelques jours (minimum 20 degrés) à
cause d’un vent assez fort. Niamey est sans arrêt
dans un nuage de poussière. Nous avons l’impression
que nos poumons se transforment petit à petit en
sabliers. Le port du turban est fortement conseillé.
Les sinus en prennent aussi un coup. Cela dure trois ou
quatre jours.
Bien qu’étant la capitale, Niamey est en
fait un « petit village » . Sans se donner
rendez-vous, il n’est pas rare de croiser des personnes
que l’on connaît. La preuve avec les stagiaires
des IUFM de Champagne-Ardenne, actuellement au Niger.
Nous nous étions rencontrés à Troyes
bien avant le départ et nous nous sommes croisés
à plusieurs reprises, dans la rue, des maquis
(petits bars-restaurants) et même ici, au cybercentre.
 Côté
association, nous n’avons pas chômé
encore cette semaine.
Lundi, visite de l’école
de fabrication de batiks de maître Arouna, dans
l’enceinte du Musée national.
Le batik, dont le procédé à base
de cire vient d’Asie, se retrouve dans tous les
pays d’Afrique de l’Ouest.
Les batiks font partie de l’artisanat nigérien
que nous ramenons pour, à la fois, faire connaître
l’expression culturelle locale et financer en partie
nos opérations
de puits.
Le dessin, l’étalage de la cire, le trempage
dans les bains de couleurs,
le séchage nous sont expliqués par le maître
(depuis 1977)
pendant la démonstration des élèves.
Mardi, livraison des 75 cartables à l’école
de Kongou Ganda, à une quinzaine de kilomètres
de Niamey. Nous accompagnent Christian Mouillard, de la
Coopération française et Al Mustapha Moussa
de l’Inspection de l’Education nationale du
secteur
Niamey 4. Comme l’année dernière,
l’accueil est très chaleureux. Le chef du
village, les représentants des parents d’élèves,
des bénévoles viennent nous retrouver. Dans
chaque classe, la distribution se fait selon le classement,
pour récompenser celles et ceux qui se donnent
le plus. Une exception, la classe de CI, l’équivalent
de la grande section de maternelle chez nous, où
il n’y a pas de contrôle. Là, ce sont
les premiers inscrits qui sont récompensés.
Après la distribution, tout le monde sort pour
les « prises de parole » simples, sincères,
pleines de cette gentillesse naturelle africaine qui manque
souvent dans nos pays dits « civilisés ».
Mercredi, nous avons deux réunions de travail pour
notre dossier sur la « facilité-eau »
européenne avec la Suisse. Bien que ne faisant
pas partie de la Communauté européenne,
rien n’empêche, au contraire, une aide de
leur part. Premier rendez-vous avec le PASEL (Programme
d’amélioration suisse de l’élevage).
Au programme, un tour d’horizon des puits pastoraux.
La situation dans la zone de Filingué-Nord est,
selon tous, critique, du point de vue vital. Les quelques
puits existants ont plus de 30 ans, sans aucun entretien.
De plus, leur nombre insuffisant entraînent des
heurts entre pasteurs, allant régulièrement
jusqu’à des agressions physiques. Les troupeaux
ne peuvent boire que tous les 3 jours; Un programme de
réalisation de 10 à 15 nouveaux ouvrages
peut être intégré à notre dossier.
Coût estimé : environ 200 millions de FCFA,
300.000 euros sur 3 ans.
L’après-midi, Jacques Louvat de la Coopération
suisse nous explique la technique des puits avec abreuvoirs
déportés, les différents types de
structures actuelles et à venir, les passages de
marché, etc.
Entre temps, nous sommes invités à prendre
le thé touareg sous la case des parents d’un
ami peul. Une nouvelle fois, la gentillesse est au rendez-vous.
Jeudi,
nous partons à Mellé Haoussa pour amener
pelles et pioches et démarrer le chantier de la
future banque céréalière. Les femmes
font des aller-retour au fleuve pour rapporter à
chaque fois une bassine de sable nécessaire au
ciment. Certaines se mettent à danser, une fois
terminé. Parmi ces femmes, une fillette de 5 ou
6 ans qui dépose, dans sa petite cuvette, l’équivalent
d’une assiette de sable. Plus tard, elle pourra
dire à ses petits-enfants qu’elle a participé
au chantier. Avec les hommes du village, nous commençons
à casser le toit pour le rehausser et couvrir de
tôle.
En fin d’après-midi, nous avons rendez-vous
à l’Ambassade de France avec le Dr Franck
Humbert, conseiller en développement rural, Jean
Bruschi, gestionnaire du Fonds social de développement
et Yvan Kedaj, du ministère de l’Hydraulique
. Buts : nous faire connaître, présenter
et discuter des différents aspects de notre dossier
de « facilitè-eau ». Une nouvelle fois,
nous sommes confortés dans notre démarche
et sa faisabilité. De nouvelles aides potentielles
nous sont présentées. Même si la «
facilité » n’est pas retenue, des programmes
importants pourront voir le jour.
Vendredi
matin, nous rencontrons des forgerons (fabricants touaregs
de bijoux en argent) en vue de développer des échanges
économiques. Suite à notre visite, ils vont
se structurer en association ou coopérative pour
avoir une existence officielle et légale aux yeux
d’éventuels commerçants français.
L’après-midi, réunion au Crepa (centre
régional pour l’eau potable et l’assainissement).
Une nouvelle facette du problème nous est présentée
: l’hygiène autour des points d’eau.
Chaque réalisation de notre dossier devra comporter
un volet « sensibilisation » de la population
concernée aux questions d’hygiène
à respecter. De nombreuses maladies touchent les
nigériens, dont la bilharziose qui concerne 3 à
4 millions d’individus (sur une population totale
de 11 millions).
Samedi, une seule réunion avec un responsable de
coopérative pour mettre au point une convention
sur nos relations futures.
Dimanche, presque une vraie journée de vacances.
Le matin, nous allons assister à la répétition
d’un groupe mélant touaregs et peuls en vue
d’un projet dans l’Aube pour 2007 ? A suivre.
Le reste de la journée, déjeuner au bord
du fleuve Niger et promenade en pirogue au milieu des
hippopotames. Couvre-chef obligatoire pour affronter les
40 degrés ou plus du début d’après-midi.
A la semaine prochaine.
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| Semaine 4
Le début de la semaine a été
plus calme. Quelques visites d’artisanat ou rencontres
avec de nouveaux adhérents nigériens à
l’ASSOFRANI. Nous verrons à notre retour
avec nos adhérents comment évoluer, ici,
sur place.
Mardi,
entre deux réunions, nous avons rencontré
un groupe de forgerons (fabricants de bijoux touaregs
en argent). Ils sont désormais constitués
en coopérative afin de vendre éventuellement
leur production en France par notre intermédiaire.
Jusqu’à jeudi, trois réunions individuelles
et une rencontre collective ont permis de mieux structurer
la démarche d’ensemble que nous avons instituée
avec divers partenaires.
Même si notre dossier n’est pas retenu par
les instances européennes, ce que nous avons bâti
permettra de réaliser des opérations sur
le moyen terme.
Mercredi
matin, nous avons retrouvé le groupe de musiciens
peuls et touaregs à « Etran Finatawa »
et leur agent, Sandra. Visionnage des images prises la
semaine dernière et discussions sur un éventuel
partenariat. Nous allons leur chercher des dates de spectacles
pour l’été prochain et eux sont d’accord
pour organiser
un concert de solidarité pour notre association
à Niamey
sur l’esplanade du Musée national.
A suivre…
Jeudi
soir, nos amis peuls du groupe de danseurs à Bororo
« sont invités à se produire lors
d’un grand défilé de mode à
l’Hôtel Gawaye, le plus chic de la capitale.
Ils doivent interpréter quelques morceaux de chants
et
danses traditionnelles.
Nous les suivons partout dans leurs préparatifs,
les aidant même à s’habiller. Sans
arrêt, les photos et les vidéos fonctionnent.
Ils sont magnifiques. Le culte de la beauté est
vraiment présent chez eux. Ils roulent des yeux,
montrent la blancheur de leurs dents et se hissent sur
la pointe des pieds en tapant dans leurs mains et en poussant
des petits cris. Vraiment impressionnant.
Après leur premier passage, nous allons leur dire
au revoir. Eux sont satisfaits de leur prestation et nous,
très tristes de les quitter. Nous partons de Niamey
le lendemain. Leur salut est habituel jusqu’à
ce que l’un d’eux nous souhaite bon voyage.
Ils
prennent alors conscience que nous les quittons pour longtemps.
Nouvelles poignées de mains, regards tristes et
salutations très émouvantes. Il vaut mieux
partir vite.
Vendredi matin, après une nuit quasiment blanche
(ça tourne dans les esprits),
lever à 3 heures (vive les vacances) pour prendre
le bus en direction d’Agadez. Pour rendre le voyage
en bus moins pénible, près de 1000 kilomètres
sur une route pas toujours bonne, nous faisons une pause
à mi-chemin à Tahoua où nous rendons
visite à un ami, Kabbo. Découverte de sa
famille et de sa maison en banco sans eau, ni électricité.
Mais la chaleur des rapports humains efface largement
quelques contraintes purement matérielles. Une
nuit dehors, à la belle étoile (kodé
en peul) avec la famille. Première fois que l’on
ressent une sorte de fraîcheur depuis un mois. En
effet, cette année, février est déjà
très chaud, par rapport à d’habitude.
Nous avons constaté que la plupart des corrys (cours
d’eau provisoire allant du torrent de nos montagnes
à plusieurs dizaines de mètres de large)
et des mares sont déjà asséchés.
Samedi,
2e étape. La route est parfois tellement mauvaise
que le bus est obligé de rouler à gauche,
voire même de mettre les roues sur le bas-côté
pour éviter les trous larges et profonds.
A notre arrivée, le frère de Fati, une de
nos adhérentes auboises d’origine nigérienne
vient nous chercher. Message personnel. Toute ta famille
se porte bien et t’embrasse.
Nous avons dégusté le tabaski, cette viande
grillée et séchée pour la traditionnelle
fête du mouton. Excellent.
Le soir, rencontre avec Sidi Mamane, l’ami d’une
amie. Encore quelqu’un de passionnant et encore
un adhérent de plus à l’ASSOFRANI.
D’autres visites sont prévues avant de partir
mardi en virée dans le massif de l’Aïr.
Au programme, une dernière réunion de travail
avec nos amis d’HED Tamat et Mano Aghali devenu
récemment député-maire de Timia.
Pour se faire, nous attendons avec impatience nos retrouvailles
avec Ibrahim Aïkar, le guide qui nous a emmené
dans le Ténéré, il y a 3 ans et avec
lequel nous sommes restés en relations.
Première nuit dans une vraie chambre avec un vrai
lit et un vrai petit déjeuner avec beurre et confiture
depuis un mois. Sans tomber dans le luxe, un peu de confort
ne nuit pas.
Plus qu’une semaine avant notre retour en France.
Elle devrait encore être riche en émotions.
A la semaine prochaine.
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| Semaine 5 Niger
Et voilà ! C'est notre dernier compte-rendu. Le
séjour tire à sa fin.
Pour cette dernière semaine, nous conjuguons une
nouvelle fois rencontres pour l'association et découverte
touristique du massif de l'Aïr. Sur les conseils
d'une amie anglaise, nous faisons la connaissance de deux
touaregs très intéressants qui deviennent
de nouveaux adhérents de l'association. Merci Sarah
!
Lundi,
visite de la célèbre grande mosquée
d'Agadez avec son minaret en banco ainsi qu'un centre
de formation pour adultes mis en place par le sultan de
l'Aïr. Nous sommes d'ailleurs en sa compagnie à
parler de nos actions lorsque des voitures officielles
arrivent. C'est un ministre qui vient à l'improviste,
abrégeant ainsi notre entrevue.
Aujourd'hui, c'est le faux anniversaire de Fanette (elle
est du 29, mais il n'y en a pas cette année). Le
soir, diner dans l'un des plus chics restos d'Agadez.
Dès notre arrivée, un vieil haoussa s'asseoit
à notre table avec une sorte de guitare primitive
appelée "molo" et entame une musique
lancinante traditionnelle.
C'est une surprise concoctée depuis quelques jours
avec la complicité de nos amis d'HED Tamat basés
à Agadez. Merci à eux.
Mardi
matin, départ en 4x4 pour une virée en brousse
de 3 jours. La piste est par moments assez rude et le
véhicule souffre. Aux commandes, Ibrahim, le chauffeur-guide
qui nous a emmené dans le Ténéré
il y a trois ans. A ses côtés, un nouveau
cuisinier, Mahamadou. Le massif de l'Aïr est bien
sûr très sec, mais parfois de la verdure
apparaît lors d'un détour. Le midi, nous
déjeunons dans le lit asseché d'un korry
(écriture variable, voir la semaine dernière).
Quelques chèvres passent accompagnées d'une
femme et de deux jeunes filles touaregs. Où peuvent-elles
habiter dans cette contrée aride ? Ont-elles un
accès à l'eau proche ? Rien n'est moins
sûr. La mère vient d'ailleurs nous en demander
un peu dans une espèce de gourde. Nous avons quitté
Agadez avec nos réserves d'eau du robinet car les
puits que nous croiserons nous sont déconseillés.
Nos organismes de "petits blancs" pourraient
ne pas bien le supporter. Une peau de chèvre sera
également remplie d'eau de puits pour nos accompagnateurs,
la vaisselle, etc.
L'après-midi,
nous retrouvons Mano Aghali, responsable national d'HED
Tamat avec lequel nous sommes en relation depuis trois
ans. Il est désormais député du secteur
de Timia. Nous le rencontrons d'ailleurs non loin de là,
à Abarakan. Alors que nous devions avoir une réunion
de travail avec Mano et d'autres responsables, nous tombons
en pleine réunion avec les chefs coutumiers, les
chefs religieux et un représentant homme et une
femme de chaque village du secteur. Au total, environ
150 personnes qui étudient les propositions d'action
d'HED Tamat pour 2005 et 2006. Mano nous donne la parole
pour nous présenter et parler de nos projets. Après
cet intermède de quelques minutes, nous les laissons
à leur travaux sans avoir pû aller plus loin
dans notre démarche. Nous passons par la cascade
de Timia avant de stopper pour la nuit à côté
de l'oasis avec ses pamplemoussiers et ses orangers magnifiques.
Les fruits sont juteux à souhait...
Mercredi,
journée "marathon" avec 400 km en 4x4,
dont 300 de piste, moyenne 30 km/h. Les connaisseurs apprécieront.
Nous devons rejoindre Iferouane pour discuter d'un programme
de puits pastoral avec le chef du village. Le puits en
question, à Ziguilaw, se situe au milieu de nulle
part, pour les nomades. Le chef du village, lui, nous
parle d'un autre puits de 30 m, financé par l'Etat,
qui n'a pas encore atteint l'eau. Il manque peut-être
5 ou 10 mètres. Les subventions nationales couvrant
30 mètres, le chantier a été arrêté
en l'état. La cimenterie de la colonne a été
réalisée, mais, faute de financement, le
puits reste un grand trou sans eau... Bien que nous soyons
de plus en plus "africanisés", certaines
choses continuent de nous dépasser, nous, européens.
Tout comme la réaction du chef de village qui,
au lieu de nous donner un guide pour nous amener à
Ziguilaw, nous conseille de demander notre route à
n'importe quel nomade. Sauf que de nomade, nous n'en trouverons
pas puisqu'il n'y a pas d'eau dans le secteur ! Nouvelle
déception de la journée. Heureusement, la
visite des ruines d'Assodé (l'ancienne capitale
de l'Aïr ravagée au 18e siècle) ou
les gravures rupestres rencontrées dans la journée,
le site de Dabos avec ses girafes gravées et les
paysages tour à tour désertiques, volcaniques,
rocheux ou herbeux nous redonnent un peu le moral. Fin
de route de nuit sur la piste qui nous mène dans
la vallée de Tidène, là où
Ibrahim a construit sa "maison", une tente touareg
faite de feuilles de palmiers tressées en nattes.
Nouvelle soirée en regardant des milliers d'étoiles
(kodé en peul).
Jeudi, nous allons voir trois puits dans la vallée.
Nous nous rendons compte que ce sol nous semblant très
pauvre ne demande en réalité qu'un peu d'eau
pour se révéler très productif. Un
voisin d'Ibrahim, en quelques mois, a irrigué des
petites parcelles et les épis de blé se
dressent fièrement sur le sol sec. De quoi nous
motiver encore plus dans notre démarche. Un peu
plus loin, des familles avec leurs animaux se pressent
autour d'un puits pastoral. Un enfant, perché sur
un âne, tire la corde pour remonter l'outre que
le père distribuera tantôt à sa femme
pour remplir les bidons, tantôt aux animaux pour
les abreuver (chameaux, chèvres, ânes, etc).
Tout le monde mélangé dans des conditions
d'hygiène propices aux échanges de parasites.
Reprise
de la route vers Agadez en passant par Tafadek et ses
sources d'eau chaude. Dans deux cases en banco, l'une
pour les femmes, l'autre pour les hommes, des "curistes"
viennent se baigner dans une eau dépassant certainement
les 60° C. Pascal, qui y trempe quelques secondes
les pieds, comprend la détresse du homard dans
les premières secondes du court-bouillon... Les
Nigériens, eux, supportent sans broncher. Il est
vrai que leurs corps ont l'habitude de subir des températures
beaucoup plus élevées que nous. En saison
chaude, les 40°C sont quotidiennement dépassés...
De retour à Agadez, une douche permet d'effacer
3 jours éprouvants dans des conditions d'hygiène
très sommaires. Nous apprenons que, pendant notre
absence, Mohamed Anoko, un ancien ministre a essayé
à plusieurs reprises de nous contacter. Il a lu
avec intérêt notre dépliant et souhaite
discuter.
Vendredi
matin, nous le retrouvons, au milieu de conseillers pour
échanger nos points de vue sur la question de l'eau
et les nécessités d'actions. Ancien ministre,
il reste néanmoins conseiller auprès de
la présidence. De plus, il connaît très
bien notre ami Mano et se trouve régulièrement
avec lui. Encore une rencontre très intéressante
qui ne peut que faire avancer nos actions à venir.
L'après-midi, nous nous promenons dans la ville.
Des "troupeaux" de blancs sont lâchés
partout. Ce sont les groupes qui sont venus pour une semaine
faire une virée dans le désert et qui terminent
leur séjour par les visites dans les boutiques
d'artisanat. Les "chasse-touristes" papillonnent
d'un groupe à l'autre, tentant de vendre un bijou,
un porte-bonheur, une mamelle de chameau, bref tout ce
qui peut leur rapporter quelque chose, y compris des silex
taillés datant de la préhistoire...
Le soir, nous entendons par hasard le journal de 20 heures,
diffusé à 20h30 sur TV5 afrique. Nous y
apprenons que des autoroutes sont coupées à
cause de la neige et du verglas (nous sommes en tee-shirt)
; que 45 départements sont en alerte météo
; qu'une journaliste italienne a été libérée
avant de se faire tirer dessus par les américains
; que le prix du baril explose une nouvelle fois et qu'il
risque encore de prendre 50%. Et dire que certains appellent
celà la "civilisation". Sans commentaire.
Samedi. Jour du départ. L'aéroport d'Agadez
est assez rudimentaire. Pas de scanner pour les bagages.
Nous sommes obligés d'ouvrir chaque sac, chaque
valise devant un douanier. Pas d'enregistrement automatique
des bagages ou de balance dernier cri. En un sens, c'est
aussi bien puisqu'Agadez n'a plus de courant depuis 8
heures ce matin. Internet est indisponible depuis 48 heures
et même l'alimentation en eau laisse à désirer...
L'enregistrement des bagages va demander 4 heures pour
environ 250 personnes. Peut-être à cause
des conditions climatiques en France, notre avion se pose
à Agadez avec 3 heures de retard pendant lesquelles
nous marinons dans notre jus avec plus de 40°C. Nous
apprenons une fois embarqués qu'il fait 4°C
à Marseille, notre escale.
Arrivée à minuit à Roissy. Température
: 1°C.
Le temps de récupérer nos bagages, de refaire
la route et manger un morceau, le réveil indique
4 heures du matin, dimanche. Une pile de courrier (et
de pub) nous attend, quelques machines sont à prévoir
pour le linge. Les courses à faire en urgence.
Les "vacances" sont terminées. Reprise
du boulot demain matin.
D'ici une semaine, retrouvez sur ce même site, des
photos de notre séjour 2005 : portraits, paysages,
scènes de vie, exotisme et petits clins d'oeil
assurés... A bientôt.
Fanette et Pascal Delamarre
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